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L’UMP donne le coup d’envoi de ses primaires ouvertes pour reconquérir Paris

L’UMP a donné jeudi soir le coup d’envoi de ses primaires ouvertes qui doivent aboutir en juin à la désignation du candidat de la droite et du centre pour les municipales à Paris en 2014, en promettant un processus “transparent” pour éviter le psychodrame de la consultation pour la présidence du parti.

Six candidats se sont déjà fait connaître, et ils sont presque tous encartés à l’UMP, même si le scrutin est ouvert à toutes les formations politiques de l’actuelle opposition municipale (UDI, UMP, libéraux, CNI, PCD, etc.). La députée de l’Essonne et ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet fait figure de favorite dans cette primaire où elle concourra avec la maire du VIIe Rachida Dati, le maire du Ier et chef du groupe au Conseil de Paris Jean-François Legaret, le conseiller de Paris et conseiller régional Pierre-Yves Bournazel, le conseiller régional Franck Margain. Et avec une parfaite outsider, Douce de Franclieu : cette inconnue de 53 ans, ancienne mère de famille maintenant “sans profession si ce n’est candidate” défend une position “de droite libérale, girondine et anti-bobo”, a-t-elle expliqué.

D’autres candidatures peuvent se déclarer jusqu’au 2 avril, mais a priori, les centristes de l’UDI n’iront pas, préférant garder leur indépendance à ce stade. Le premier tour de la primaire aura lieu du 31 mai au 3 juin, et un éventuel second tour du 7 au 10 juin. Balayés les doutes sur l’utilité d’une primaire, “l’objectif est de mettre en œuvre la procédure la plus démocratique et la plus transparente pour départager des candidats”, a déclaré Philippe Goujon, président de la fédération UMP parisienne.

La décision d’organiser une primaire n’a été prise qu’il y a un mois, quand François Fillon a finalement renoncé à se lancer dans cette bataille-là. “On a tiré les leçons de toutes les erreurs et de tous les échecs des élections internes dont la dernière”, a-t-il assuré. L’UMP-Paris a donc tenté d’encadrer au maximum cette “première” d’une primaire pour des municipales. Une instance de contrôle baptisée “Conseil supérieur des primaires” (CSP) veillera au bon déroulement des candidatures, puis de la campagne et enfin des opérations de vote (sans procurations), sous la présidence d’Antoine Rufenacht.

L’ancien secrétaire d’État sous Raymond Barre (1976-78), ancien directeur de campagne de Jacques Chirac en 2002, ancien député de Seine-Maritime et ancien maire du Havre, est donc en charge du “traitement équitable des candidats”. Ceux-ci doivent s’engager, selon les terme de la Charte des primaires, “à se respecter”, “à ne pas tenir de propos offensants ou risquant d’amoindrir leurs chances de victoires à l’élection municipale”. Et surtout, ils devront, une fois l’élu(e) désigné(e) “se rassembler derrière et faire campagne en sa faveur”.

Le feuilleton de la course à la présidence nationale de l’UMP a laissé des traces, et la fédération de Paris, plus connue pour ses divisions internes, tente par cet exercice de redorer son blason. Et ne rate pas l’occasion de retourner contre le PS cet outil qu’il avait pourtant été le premier à utiliser. “Nous sommes surpris de voir que la droite met en place des primaires au moment même où les socialistes ont l’air d’y renoncer”, a ironisé M. Goujon. “Il y aura donc d’un côté un candidat de l’alternance démocratiquement choisi par des électeurs et de l’autre côté une héritière désignée par le chef sans aucun débat”, a-t-il souligné, faisant référence à Anne Hidalgo, première adjointe socialiste de l’actuel maire Bertrand Delanoë.

L’UMP-Paris espère aussi attirer des électeurs en optant pour le vote électronique. Pour les personnes non connectées – notamment les personnes âgées – entre 10 et 20 bureaux de vote seront ouverts qui assureront aussi les préinscriptions. D’un coût de 3 euros, elles sont destinées notamment à financer l’opération, confiée techniquement à une filiale de La poste, Docapost. “Avec 50 000 votants , c’est auto-financé”, a calculé Hervé Bennessiano, trésorier de la fédération. Toujours pour des raisons financières, il n’y aura pas de meetings mais “deux ou trois débats télévisés”, a assuré Philippe Goujon.

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