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L’UMP lance une pétition nationale contre le droit de vote des étrangers

En plein duel Fillon-Copé, l’UMP s’est trouvé mercredi un cheval de bataille fédérateur en lançant une pétition contre le droit de vote des étrangers, une promesse de François Hollande que Jean-Marc Ayrault veut concrétiser avec un projet de loi pour 2013.

Le Premier ministre a rappelé dans la matinée qu’il s’agissait là d’un des 60 engagements du candidat Hollande et que le gouvernement le tiendrait donc, malgré les réserves émises par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Un texte visant à octroyer aux étrangers non communautaires le droit de vote aux élections locales sera présenté “l’année prochaine” au Parlement, a dit M. Ayrault. Il espère parvenir à la majorité des 3/5e requise en s’adressant “à l’intelligence des parlementaires” de l’opposition.

Mais à l’UMP, où les deux rivaux François Fillon et Jean-François Copé sont montés au créneau dès lundi pour dénoncer le projet, la réaction a été immédiate. Le bureau politique, réuni à huis clos, a décidé à l’unanimité de lancer une pétition nationale “afin d’en appeler les Françaises et les Français à faire connaître directement leur opposition” au projet.

Le secrétaire général de l’UMP y voit une “perspective extrêmement inquiétante pour la cohésion nationale” et rappelle le credo de son parti: droit de vote et nationalité -française ou d’un pays de l’UE- sont indissociables. L’UMP, avec sa pétition nationale, reprend une initiative similaire lancée, sur internet, il y a un an par l’aile droite du parti, la Droite populaire, qui n’a toutefois pas eu le succès escompté: 40.300 signataires à ce jour contre “les dizaines, voire les centaines de milliers” espérés alors. Une semaine après, le FN avait lancé sa propre pétition.

L’initiative de la Droite populaire -qui plaide désormais pour une “immigration zéro”- avait été accueillie avec prudence voire irritation à l’UMP. M. Copé avait expliqué qu’en tant que secrétaire général du parti, il lui était “difficile” de “signer des pétitions”. Alors ministre, Jean Leonetti, aujourd’hui filloniste, avait plaidé pour “un débat démocratique et apaisé”, à l’opposé d'”une pétition ou du manichéisme”.

Les deux rivaux pour la présidence de l’UMP partagent une opposition de fond au droit de vote des étrangers. “C’est vraiment une faute de lancer un débat aussi clivant dans le climat actuel au lieu d’essayer d’élargir sa majorité. On va voir un déchaînement de violence verbale contre les étrangers”, a déclaré mercredi à l’AFP M. Fillon. “Pourquoi lancer un tel débat alors que Hollande sait très bien qu’il n’aura pas la majorité des 3/5e ?”, s’interroge-t-il.

De son côté, Jean-François Copé accuse le gouvernement de vouloir ainsi organiser “un vote communautaire”. Il craint, si ce droit de vote voit le jour, qu’on puisse arriver à ce “qu’un maire ou un candidat à la mairie un peu démagogique” puisse alors dire “si vous votez pour moi, je donnerai tout une série de droits supplémentaires” à une communauté précise.

M. Copé exige donc du président de la République qu’il passe par un “référendum” auprès des Français plutôt qu’un vote du Parlement pour trancher la question. La perspective a été envisagée par François Hollande lui-même pendant la campagne en cas d’absence de majorité. Selon le gouvernement, il reste à trouver “une trentaine de voix” de parlementaires pour éviter d’en passer par un référendum. Un pari difficile puisque le patron du groupe centriste à l’Assemblée, Jean-Louis Borloo, naguère favorable à ce droit, est aujourd’hui des plus réservés.

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