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L’UMP, orpheline de Sarkozy, élit son nouveau chef

Les 300 000 adhérents de l’UMP, orphelins de Nicolas Sarkozy, votaient dimanche pour choisir leur nouveau chef entre François Fillon, 58 ans, favori des sondages et homme du “rassemblement”, et Jean-François Copé, 48 ans, chantre d’une “droite décomplexée”.

Le scrutin organisé pour élire le président du parti jusqu’en 2015 s’est ouvert à 09 het sera clos à 18h dans près de 650 bureaux de vote répartis dans toute la France. M. Copé, l’actuel secrétaire général, a voté dans sa ville de Meaux, peu après 11h30, l’ex-Premier ministre, qui a passé la matinée dans son ancien fief de la Sarthe où sa femme a voté, glissera son bulletin à 16h à Paris, où il est désormais élu. L’enjeu du scrutin est d’importance. Le vainqueur aura une longueur d’avance pour la présidentielle de 2017 même si l’échéance décisive sera la primaire de 2016 et si Nicolas Sarkozy pourrait vouloir troubler le jeu.

A la mi-journée, la participation était de l’ordre de 20% à 30% selon les départements, un chiffre jugé bon des deux côtés. Très souriant au moment de voter, M. Copé, “confiant” en sa victoire, a dit “voir partout la mobilisation”, assurant que “les gens n’ont pas envie de se faire dicter leur choix par les sondages”. “J’attends le vote avec confiance, j’ai fait la campagne que je voulais faire, j’ai fait tout ce que j’ai pu, avec beaucoup d’énergie”, a déclaré M. Fillon sur BFMTV.

Les résultats seront connus dans la soirée, peut-être assez tard. Tout pronostic est aléatoire. Pour connaître le vainqueur, les regards se porteront sur les “grosses” fédérations, très disputées: l’Ile-de-France (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-et-Marne…) et le Sud-Est (Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Gard…) mais aussi le Rhône ou le Nord. “La logique veut que Fillon l’emporte, la droite a souvent un réflexe légitimiste en choisissant la sécurité et le grade le plus élevé. Mais Copé a fait indéniablement une très bonne campagne”, selon un ex-ministre.

Samedi, les duellistes ont jeté leurs dernières forces dans la bataille féroce pour le contrôle du premier parti d’opposition qu’ils livrent au quotidien depuis trois mois mais en réalité engagée au lendemain de la défaite de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Favori des sondages réalisés auprès d’un public plus large – les sympathisants UMP – M. Fillon a achevé sa tournée en Vendée en rendant hommage à Clemenceau, le “Père la Victoire” de la guerre 14-18? et en invitant les militants à se poser une seule question: “Qui est le mieux placé pour rassembler les Français autour de l’UMP ?”

De son côté, M. Copé, a mené campagne tambour battant jusqu’à la dernière minute en avalant les kilomètres – Eure, Seine-Maritime et Yvelines la même journée – et en envoyant un message audio, par téléphone, à chacun des adhérents pour les appeler à faire le choix d’un chef d’une opposition de “résistance”, sur sa ligne d’une “droite décomplexée”. En cette fin de campagne, le ton s’est durci entre les deux camps. L'”inénervable” François Fillon a lâché ses coups en accusant son adversaire d’emprunter “tous les virages à droite”. Pas en reste, Jean-François Copé a raillé l’opposition “en pantoufles” incarnée, selon lui, par François Fillon, dépeint en “Hollande de droite”.

Chaque candidat promet toutefois déjà de tendre la main à l’autre dès dimanche soir. A l’unisson en économie (fin des 35 heures), sur les questions de société (non au mariage gay, non au droit de vote des étrangers) et désormais sur le “ni FN-ni gauche”, les deux hommes revendiquent leurs “différences”. De ligne politique ou de posture ? M. Fillon se pose en “homme d’Etat” et de “rassemblement” et se projette déjà dans le rendez-vous présidentiel de 2017. M. Copé se présente en “premier des militants”, promet une “vague bleue” aux municipales de 2014 et recourt aux formules choc (“racisme anti-Blancs”, appel à manifester) pour convaincre un électorat qui n’a pas tourné la page Sarkozy. Outre l’élection du président, les adhérents UMP sont appelés à reconnaître officiellement les “courants” – une première à droite – en départageant six motions en lice (des “Humanistes” à la “Droite forte” en passant par la “Droite sociale”).

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