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L’UMP pense déjà à 2017

En pleine bataille pour la présidence de l’UMP, les ténors ont déjà les yeux rivés sur l’échéance majeure du quinquennat: la primaire, en 2016, pour désigner le candidat de la droite à la présidentielle de 2017, dont Xavier Bertrand fait son grand objectif.

“Je serai candidat à la primaire pour l’élection présidentielle”, a annoncé dimanche l’ex-ministre du Travail, justifiant ainsi de faire l’impasse sur la compétition de novembre pour le contrôle du parti qu’il a dirigé, comme secrétaire général, entre 2008 et 2010. Convaincu par ailleurs que le duel Fillon-Copé est bien installé dans l’esprit des militants pour ce scrutin interne, il fait le pari que “le rendez-vous majeur, c’est celui de la primaire” ouverte et que “la victoire” s’y jouera “au-delà des familles politiques”.

Les duellistes François Fillon et Jean-François Copé font le calcul opposé: pour eux, devenir le président de l’UMP -et donc le chef de l’opposition à François Hollande- est le marchepied idéal, le tremplin indispensable à leurs ambitions élyséennes, qu’ils ont tout aussi grandes que M. Bertrand. Pour des raisons tactiques, les deux rivaux affichent toutefois un message différent: auréolé de son statut d’ex-Premier ministre et donné favori par les sondages réalisés auprès des seuls sympathisants de droite, François Fillon explique que le congrès de l’UMP en novembre est bien “une primaire avant l’heure”.

A l’inverse, M. Copé, qui se positionne en outsider, s’applique à déconnecter ce scrutin interne des échéances de 2017 et exhorte les militants à se choisir le “meilleur chef” pour les conduire à une “vague bleue”… en 2014, aux municipales. Mais là où Jean-François Copé laisse entendre qu’il pourrait s’effacer en cas de retour dans le jeu politique de Nicolas Sarkozy -“quelle que soit sa décision, je serai à ses côtés”- Xavier Bertrand s’affranchit et sera candidat quoi qu’il en soit, quitte à affronter l’ex-président de la République. “Je suis candidat” à la primaire “quelles que soient les circonstances”, prévient le député-maire de Saint-Quentin (Aisne), qui a vu la semaine dernière Nicolas Sarkozy, “à la demande” de ce dernier, et lui a fait part de ses intentions.

Le très sarkozyste Claude Guéant a admis dimanche qu’en cas de retour de M. Sarkozy, ce dernier “devra comme les autres se soumettre” à la primaire. Qu’on se le dise: M. Bertrand participera à cette sélection non “pas pour faire de la figuration” mais “pour l’emporter et être candidat ensuite en 2017”. “Je me mets à mon compte”, avait-il déjà mis en garde en juin après sa défaite à l’élection pour la présidence du groupe UMP à l’Assemblée, où il n’avait guère apprécié le manque de soutien de M. Fillon.

Du coup, M. Bertrand, courtisé par les deux camps, n’est pas pressé de donner des gages à l’ancien Premier ministre d’autant que les fillonistes aimeraient imposer à ceux qui les rallient qu’ils renoncent à concourir à la primaire. “Et ça, ce n’est pas négociable”, confie l’élu picard dont l’intérêt est -comme Nicolas Sarkozy- qu’il ne se dégage pas de vainqueur trop net en novembre. Persuadé que vainqueur et vaincu se mèneront une véritable guerilla après le congrès, il pense pouvoir tirer son épingle du jeu pour la suite.

Pour 2017, d’autres acteurs sont déjà en embuscade. Nathalie Kosciusko-Morizet, qui croit à sa bonne étoile élyséenne, devrait être de la primaire tout comme, probablement, François Baroin. L’ex-ministre de l’Economie, pour qui “prendre la direction du parti” n’est “pas le dernier billet pour la présidentielle”, observe un silence absolu depuis deux mois, même s’il est vrai qu’il vient de subir une intervention chirurgicale.

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