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L’UMP toujours dans la confusion

L’élection d’un nouveau président de l’UMP a viré lundi au bras de fer entre les camps Fillon et Copé qui, en l’absence de proclamation officielle, ont revendiqué chacun la victoire sur fond d’accusations de fraude de part et d’autre, malgré les appels au calme.

La commission interne du parti (Cocoe) chargée de valider les résultats de ce premier grand exercice de démocratie interne de l’UMP, 10 ans après sa création, a repris ses travaux lundi à 10h au siège du parti en vérifiant chaque procès-verbal, département par département, après avoir suspendu ses comptages au milieu de la nuit sans parvenir à désigner un vainqueur. Dans ce climat de confrontation exacerbée, les appels au calme se sont multipliés. L’ex-Premier ministre Alain Juppé, resté neutre dans le duel, a demandé aux deux compétiteurs de cesser “les invectives” et de se rencontrer “sur la base du rassemblement”. “L’existence même de l’UMP est en cause”, a-t-il prévenu. Une même mise en garde est venue de Xavier Bertrand.

Devant ce spectacle, les adversaires de l’UMP à droite ne pouvaient que se réjouir. “C’est un scénario qui ne nous est pas désagréable”, a dit sous forme de litote Louis Aliot (FN). “On vit en direct le crash de l’UMP”, s’était réjoui dimanche Florian Philippot (FN). Le patron du PS Harlem Désir a lui “déploré” que l’UMP soit “totalement tournée vers elle-même et vers sa guerre des chefs”.

“Bourrage d’urnes”

Vers 13h la Cocoe, à laquelle assistent des représentants de chaque camp, avait ratifié les résultats d’une soixantaine de départements. Il restait encore à examiner les résultats de grosses fédérations, notamment celle des Alpes-Maritimes où des cas litigieux sont mis en avant par les copéistes, à Nice, fief des fillonistes Christian Estrosi et Eric Ciotti. Le nom du vainqueur officiel ne sera pas connu “avant ce soir”, indiquaient certaines sources à l’AFP. “Peut-être même pas ce lundi”, ajoutaient d’autres.

Parallèlement, chaque camp tenait à afficher sa confiance résolue en sa victoire. François Fillon et Jean-Francois Copé se sont accusés avec la même vigueur de faire preuve de “fébrilité”. Comme la veille, où il avait été le premier à se déclarer gagnant, Jean-François Copé a de nouveau revendiqué être vainqueur, assurant attendre “sereinement” le verdict de la Cocoe. Mais il s’est montré plus accusateur, parlant de “bourrages d’urne”, de “fraudes importantes”, dans les bureaux tenus par “les amis” de son rival François Fillon. Il a demandé que ne soient “pas comptabilisés” les résultats des bureaux contestés des Alpes-Maritimes. “A cette heure, notre décompte confirme mon avance”, a écrit de son côté, dans un communiqué, François Fillon, en demandant d’attendre avec “sang-froid” les résultats.

De l’avis des deux camps, les travaux de la Cocoe se tenaient dans une ambiance plus “sereine” que durant la nuit. “Nous attendons un résultat incontestable et incontesté (…) On veut tous veiller à une chose, l’unité du mouvement”, a lancé le porte-parole de campagne de M. Fillon, Jérôme Chartier, qui a affirmé sans rire que “l’UMP sort renforcée” de ce scrutin grâce à une participation d’au moins “60%”. “Ca se passe correctement, pas dans la tension”, a dit le copéiste Roger Karoutchi, pour qui, en l’état, “l’avance en faveur de Jean-François Copé n’est pas altérée” mais “au contraire, s’est même légèrement accrue”.

“On n’est pas mieux” que le PS

Il y a au moins une personne pour qui cet imbroglio constitue une très bonne nouvelle, c’est l’ex-président Nicolas Sarkozy, toujours adulé des militants UMP. Personne ne sait rien de ses intentions réelles mais ce résultat serré lui laisse beaucoup de marges de manoeuvre. “J’appelle à la dédramatisation, parce que chaque fois que des élections sont serrées, ça se passe un peu comme ça, il y a ce type de conflit, il faut l’accepter”, a tenté l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, pro-Copé.

Dimanche soir, M. Copé avait revendiqué la victoire avec au moins “1 000 voix” d’avance. M. Fillon lui emboîtait le pas en clamant une avance de “224 voix”. “Je ne laisserai pas la victoire échapper aux militants”, avait averti le député de Paris, reprenant une phrase lancée en 2008 par Ségolène Royal lors du délétère congrès du PS à Reims, où elle contestait la victoire à sa rivale Martine Aubry. “Et dire que l’on donnait des leçons au PS dans l’élection Royal-Aubry. On n’est pas mieux à l’UMP !”, a lâché lundi un secrétaire national du parti, Stéphane Jacquot. L’enjeu du scrutin est d’importance. Le vainqueur, qui sera président de l’UMP jusqu’en 2015, aura une longueur d’avance pour la présidentielle de 2017, même si l’échéance décisive sera la primaire de 2016 et si Nicolas Sarkozy pourrait vouloir troubler le jeu.

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