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M83 : retour vers les années 80

Anthony Gonzalez, seul membre de M83 et éternel adolescent nostalgique des années 80, est de retour avec un quatrième album, toujours électro, mais aux sonorités plus pop. Ce Français, originaire d’Antibes, actuellement en tournée aux États-Unis, est loin d’avoir fini de faire parler de lui…

Bonus : gagnez un album dédicacé

Vous êtes jeune mais votre carrière est déjà bien remplie. Quel regard portez-vous sur votre parcours?
Cela me fait toujours bizarre quand on me parle de carrière (rire). Quand je regarde mon parcours, j’ai un sentiment de fierté, mais pas d’accomplissement. J’ai envie de travailler encore pour pouvoir être encore plus fier de moi dans le futur. C’est vrai que je me considère assez chanceux d’avoir pu sortir un album à 20 ans et d’avoir eu l’occasion de rencontrer des producteurs, comme ceux de Mute par exemple, qui m’ont fait confiance et m’ont permis de pouvoir faire ce dont je rêvais depuis l’adolescence. Donc oui, j’ai un beau parcours, surtout dans un milieu aussi difficile que la musique. J’essaye simplement d’avancer le plus sincèrement possible. Je suis content de faire ce métier. Cela m’arrive rarement d’être content mais en ce moment, je le suis vraiment.

Imaginiez-vous, quand vous avez commencé, que votre musique s’exporterait?
Pas du tout. Mon premier album n’est sorti qu’en France. Le second est sorti également en France et a connu un petit buzz sur le net, ce qui a permis de le sortir aux États-Unis. C’est comme ça que tout a commencé. Jamais je n’aurais pu imaginer avoir du succès là-bas ou n’importe où ailleurs. Mais je ne me suis jamais imposé non plus aux États-Unis. J’y ai juste un peu plus de succès car le pays est plus grand que la France (rire). Je suis loin d’être connu et mon projet reste encore un projet indépendant.

Vous avez prévu plusieurs dates de concerts aux États-Unis, alors qu’il n’y en a eu qu’une en France…
C’est vrai que j’ai prévu plus de dates aux États-Unis car je commence à y avoir un public. En France, les gens sont moins ouverts au genre de musique que je fais, notamment en Province. Encore à Paris, j’ai la chance de pouvoir jouer à chaque sortie d’album, mais en province ça devient de plus en plus difficile. Je pense aussi que lorsque les Français ont envie d’écouter de la musique anglophone, ils se tournent vers des groupes qui viennent de ces pays. Mais quand on est Français et qu’on écoute un groupe français qui chante en américain, il y a peut-être quelque chose qui sonne faux, qui ne paraît pas naturel. Mais inversement, le fait que je sois Français ajoute à ma musique un cachet plus exotique et plus intéressant pour les gens des Etats-Unis.

Vous préfèrez avoir une carrière aux États-Unis?
Quitte à choisir, je préfère être produit aux États-Unis plutôt qu’en France. Mes influences sont principalement anglophones et j’ai toujours rêvé de faire carrière aux États-Unis. C’est un pays qui m’a toujours fasciné d’une certaine manière. Je suis baigné dans cette culture américaine depuis que je suis petit, comme beaucoup de Français d’ailleurs, de par les films, les auteurs… De plus, le public américain est très réceptif à ma musique et il me le rend bien. Les concerts se passent généralement très bien aux États-Unis. Bien sûr, il y a des Français qui viennent me voir en concert aussi et je discute avec eux à la fin. C’est un grand plaisir à chaque fois.

Finalement, vous sentez-vous encore Français?
Ah oui, complètement. D’ailleurs, je vis toujours en France. Je ne quitterais ce pays pour rien au monde. Je suis très fier d’être Français, surtout d’être un Français reconnu dans un pays étranger comme les États-Unis.

« Il y a un truc assez effrayant dans le fait de grandir »

Êtes-vous plus à l’aise sur scène aujourd’hui qu’à vos débuts ?
J’ai toujours eu de l’appréhension avant de monter sur scène. Aujourd’hui, j’ai un peu plus confiance en moi. Je me prends au jeu et j’essaye de le faire correctement pour que ça se passe le mieux possible. C’est toujours difficile de jouer devant des salles entières car je suis très timide à la base. Mais je commence à réellement prendre du plaisir sur scène, alors que ça m’était impossible il y a encore 3 ans.

La scène est différente de l’album ?
Oui, c’est différent car je mélange beaucoup de chansons des différents albums. Il y a donc un set de musiques très éclectique avec différentes atmosphères. La musique que je fais est tellement difficile, voire impossible à reproduire sur scène que finalement, il vaut mieux essayer de faire autre chose. J’ai pris le parti d’imposer quelque chose de différent aux gens pendant mes concerts, même s’il y a quelques chansons dont le format ne me permet pas de sortir de cette étiquette pop que peut avoir l’album.

Pourquoi avoir intitulé votre album Saturdays=Youth ?
Je trouvais que ce titre sonnait bien. Le signe égal entre les deux mots le rend énigmatique. Il y a aussi un côté un peu graphique que j’aime beaucoup. Cet album est juste un hommage à l’adolescence, une façon de retrouver cette innocence que j’avais quand j’étais ado. C’est certainement l’une des périodes les plus importante de ma vie, emplie de souvenirs merveilleux et de gens aux côtés desquels j’ai pris beaucoup de plaisir à évoluer. C’était la période des premières expériences : nouvelles musiques, nouveaux films, nouveaux amis, premières expériences sexuelles, premières drogues aussi… Tellement de choses qui en font une période charnière de la vie. J’en garde des souvenirs inoubliables.

C’est ce que vous souhaitez partager avec votre public ?
Je veux faire passer cette émotion à mon public. C’est aussi une façon pour moi de ne pas trop me détacher de cette période. J’ai toujours l’envie et le besoin de ne pas devenir adulte, de ne pas vieillir. Il y a un truc assez effrayant dans le fait de grandir. Non pas que je ne sois pas content de qui je suis et de ce que je fais. J’aime beaucoup ma vie. Mais si je pouvais tout recommencer depuis le début, sans rien changer, je le ferais sans hésiter, juste pour avoir le plaisir de tout refaire.

Combien de temps avez-vous mis pour enregistrer votre album ?
Cela m’a pris entre 1 an et demi et 2 ans. Il y a eu plusieurs étapes. D’abord, comme pour chaque album, j’ai tout composé dans mon studio du Sud de la France. Ensuite, j’ai voulu travailler avec deux producteurs, Ewan Pearson, un jeune producteur de musique électronique au son très moderne, et Ken Thomas, qui a plus l’expérience de ces années 80 qui tiennent une place importante dans l’album. Le fait d’avoir fait appel à ces deux producteurs donne un son très intéressant au disque. Mélanger un côté moderne et un côté très édulcoré « eighties », différencie l’album de ce qu’on peut entendre aujourd’hui.

« Ma musique évolue avec moi »

Comment avez-vous rencontré ces deux producteurs ?
J’avais envie de travailler avec eux donc je les ai contactés pour savoir s’ils étaient intéressés par le fait de travailler avec moi. Cela s’est toujours bien passé entre nous. Ils sont très ouverts et je peux leur parler facilement. Ils m’ont toujours demandé mon opinion avant de proposer quelque chose, et surtout mon accord. Je me considère autant producteur qu’eux sur ce disque car j’ai toujours eu mon mot à dire. C’est assez rare de pouvoir travailler avec des gens comme ça et ça a vraiment été une grande expérience.

Pouvez-vous me raconter votre rencontre avec la chanteuse Morgan Kibby ?
Je travaillais sur la musique du premier film de la réalisatrice française Eva Husson. Je lui ai dit que je cherchais une chanteuse avec quelque chose des années 80 dans la voix. Elle m’a parlé de Morgan car elle avait déjà travaillé avec elle. Le contact s’est donc fait très facilement. Quand j’ai entendu pour la première fois la voix de Morgan, j’ai trouvé qu’elle avait un air de Kate Bush. Elle m’a fasciné et j’ai su tout de suite que ce serait elle et pas une autre. Elle est très ouverte, très simple et elle parle très bien français. Travailler avec elle a été très intéressant, surtout qu’elle a vraiment participé à l’écriture de l’album. C’est donc super qu’elle me suive sur scène aujourd’hui car elle fait intégralement partie de l’album.

Vous mettez de plus en plus de chant sur vos musiques…
C’est un peu nouveau pour moi. Le premier album était complètement instrumental. Le second l’était pratiquement aussi. Dans le troisième, il commençait à y avoir des éléments de chansons. Et dans celui-là, il y a beaucoup de chansons. Même si les musiques sont assez longues, il y a ce schéma couplet/refrain qui est toujours présent. Ce qui fait que les chansons sont plus pop et beaucoup plus faciles d’accès, même si cela reste de la musique alternative.

Pourquoi intégrer du chant aujourd’hui ?
Je crois que la musique que je fais ressemble à celle que j’écoute. Plus je grandis et plus j’ai besoin de musiques simples. Quand j’étais jeune, je me souviens avoir écouté des morceaux sans nom, expérimentaux, allemands des années 70, complètement loufoques et barrés. Aujourd’hui, je n’écoute plus que de la pop. Avec le temps, ma musique évolue avec moi. Tant mieux car la répétition, c’est la mort. Il faut évoluer dans la vie sinon on risque de le regretter plus tard.

Quels sont vos coups de cœur musicaux du moment ?
J’ai un vrai coup de cœur pour le dernier album de Montag, un Québécois, que je trouve absolument magnifique. Et j’ai eu un autre scénique, pour les Midnight Juggernauts, car j’ai tourné avec eux en Australie sur quelques dates. Je suis moins fan de leur album, mais sur scène, c’est un des meilleurs groupes que j’ai pu voir.

 

Gagnez un album dédicacé du groupe :

A l’occasion de sa rencontre avec M83, la rédaction de France-Amérique vous propose de gagner le dernier album du groupe, Saturdays=Youth, dédicacé. Pour cela, il vous suffit de répondre à la question suivante :

Comment s’appelle l’ancien acolyte d’Anthony Gonzalez ayant quitté le groupe en 2003, après la tournée Dead Cities, Red Seas & Lost Ghosts ?

La première bonne réponse, ainsi que la 30e, la 60e et la 90e bonne réponse, recevront un album dédicacé chez eux (concours limité aux seuls résidents sur le sol américain). Envoyez votre réponse, ainsi que vos nom, prénom et coordonnées par mail à l’adresse suivante : redaction@francetoday.com

Bonne chance 😉

 

Le site de M83:
www.ilovem83.com

Prochaines dates de concerts aux Etats-Unis :
4 juin 2008 à 20h – Bowery Ballroom (New York)
6 juin 2008 à 20h – First Unitarian Church (Philadelphia)
7 juin 2008 à 20h – Black Cat (Washington)

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