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Mais qu’est-ce qui cloche avec le chapeau?

Si beaucoup de femmes en achètent, elles sont très rares à en porter. Les nombreux modèles proposés par les créateurs sur les podiums de l’hiver vont-ils réussir à inverser la tendance ?

Toque et bibi à plumes chez Dior, casquette en satin boutonnée sous le menton signée Céline, cagoule vernie chez Yves Saint Laurent, capeline seventies griffée Marc Jacobs, bérets en pagaille… Difficile d’échapper aux chapeaux qui coiffaient presque toutes les silhouettes lors des défilés automne hiver 2007. Et il ne s’agit pas d’un caprice de podiums. La plupart des marques en font une pièce-clé du look de la saison, des griffes de luxe à H & M qui propose, par exemple, des capelines en feutre à 7,90 euros. Au Bon Marché, à Paris, on ne compte ainsi pas moins de 23 labels référencés de couvre-chefs. Histoire de dépoussiérer le genre, le Printemps a éliminé les bonnets de saison pour privilégier un large choix mode et offre un service de customisation. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le chapeau soit enfin relancé. Pourtant, fin décembre 2007, on guette toujours dans la rue le raz-de-marée promis.

C’est souvent parce qu’on a l’impression que le chapeau vous expose aux regards que l’on hésite à en porter. En plus, il n’est pas indispensable. "C’est l’accessoire de l’accessoire, analyse Ludovic Kornetzky, directeur artistique de la Maison Michel. Ce n’est pas une pièce utile comme le sac ou les chaussures, mais quelque chose de ludique que l’on s’offre pour créer un look." Depuis les années soixante, on en a perdu le mode d’emploi: comment le mettre, avec quoi le porter, doit-on l’enlever à l’intérieur, où le ranger une fois rentrée chez soi? Une vraie "prise de tête", qui n’est plus en phase avec le mode de vie des femmes actives d’aujourd’hui. Du coup, ses adeptes se limitent aux averties, bêtes de modes ou femmes assez sûres d’elles pour ne pas craindre d’imposer son caractère fort. Malgré tout, il faut croire que le chapeau reste un concept attrayant puisque certaines en achètent… Avant de renoncer à les porter. Alors, comment passer de la théorie à la pratique? Par la pratique justement.

Pour ne plus se laisser intimider par les chapeaux, il faut d’abord apprivoiser la bête. On commence donc par une version "facile" et petit prix. "C’est avec des modèles bon marché qu’il faut se lancer, recommande Ludovic Kornetzky . On les porte, on en change quand on en a assez ou on les perd comme on égare son parapluie." Désacralisé, le chapeau devient alors comme n’importe quel autre accessoire. On peut éventuellement passer à des modèles plus stylés et personnels. "Dans un monde où l’on regarde plus volontiers ses pieds que l’on ne soutient le regard de l’autre, le chapeau représente une bouffée d’air frais, empreinte de glamour et de poésie", assure Mikaella Assouline, créatrice israélienne dont les "bijoux de tête" sont vendus au Bon Marché. Un seul mot d’ordre: la décontraction, comme le souligne la modiste Marie Mercié: "Il faut se décomplexer, arrêter de vouloir tout assortir, porter un chapeau si on a envie, le jeter n’importe où. Sans nonchalance et un certain manque de respect, on se complique seulement la vie." Bref, le chapeau ne doit plus être un casse-tête.

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