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Malgré ses désillusions, Laure Manaudou n’abandonnera pas les JO

Mardi, la nageuse française Laure Manaudou a connu une nouvelle désillusion en terminant à la 7e place du 100m dos aux jeux Olympiques de Pékin. En larmes, elle a d’abord évoqué la possibilité d’interrompre sa compétition avant d’indiquer sur son blog qu’elle n’abandonnerait pas ses JO. Philippe Lucas, son ancien entraîneur, a estimé que les performances de son ex-protégée sont un “gâchis”.

Après avoir subi son deuxième échec aux jeux Olympiques de Pékin mardi matin, Laure Manaudou a laissé couler une nouvelle fois ses larmes après celles versées lors des Championnats de France à Dunkerque en avril, jusqu’à évoquer une fin de compétition précipitée. Sur son blog, la nageuse française s’est ravisée mardi soir et a indiqué qu’elle n’abandonnerait pas les JO. “J’ai bien vu tous vos messages sur le blog, a-t-elle écrit. Votre soutien me touche surtout dans ces circonstances. Je vis une compétition très difficile, je serai présente sur le 200 dos pour faire le maximum. Je vous remercie une fois de plus de votre soutien”.

 

La compétition chinoise a pris jusqu’ici des allures de fiasco pour Manaudou, arrivée aux Jeux après une année de vicissitudes où sa préparation a été sévèrement altérée. Et c’est sans réelle surprise qu’elle a manqué de ressources pour évincer ses rivales. Mardi, en finale du 100 m dos, Manaudou a hérité d’une 7e place difficile à encaisser pour une vice-championne du monde en titre et médaillée de bronze aux JO-2004 sur la distance.

Ce revers est intervenu au lendemain de sa finale du 400 m libre, qu’elle a nagé sans lutter pour son titre olympique. Partie la première, la désormais ex-reine de la distance a ensuite cédé, convaincue que ce n’était pas à sa portée. Elle a terminé dernière avec un chrono à des années lumières de ses performances passées.

Après la finale du 100 m dos, c’est une Manaudou en pleurs qui a répondu à France 2 à la sortie du bassin: “Je suis déçue. Je me demande si ça vaut le coup de continuer. J’ai même pas envie de nager.”

 

Des larmes qui rappellent celles versées il y a trois mois lors des sélections olympiques, où elle avait été battue pour la première fois depuis plus de quatre ans sur sa distance fétiche, évoquant “le doute”. Dans la piscine nordiste, elle s’était réfugiée dans les tribunes auprès de ses parents, absents à Pékin. C’est vers eux que sont allés ses quelques mots mardi. “C’est vrai qu’il y a ma famille qui croit toujours en moi. C’est la seule chose qui peut m’encourager.”

La triple championne du monde est allée ensuite récupérer et a rejoint son entraîneur Lionel Horter pour analyser la course. Elle a quitté la piscine sans un mot, accompagnée par Patricia Quint, l’entraîneur en charge du collectif national féminin.

Horter a bien voulu s’exprimer, reconnaissant que Manaudou était une jeune femme “en difficulté”, qui avait du mal à “rentrer dans ses courses” et que son problème était “en grande partie” d’ordre psychologique. Le technicien, qui entraîne la nageuse depuis janvier, n’a pas vu de raisons pour qu’elle ne prenne pas le départ jeudi en séries du 200 m dos, sa dernière course en individuel aux Jeux. Horter, qui a guidé Roxana Maracineanu au plus haut niveau sur 200 m dos, veut encore croire aux chances de sa nouvelle protégée, en faisant appel à son très profond orgueil.

Sur son blog, Laure Manaudou avait déjà partagé ses états d’âme avec ses fans la veille du 100m dos. Dans un article intitulé “Dur…”, elle avait écrit: “Je souhaite tout de même vous écrire un petit mot aujourd’hui malgré mes résultats. Je n’ai pas trop le moral suite à mes résultats, surtout sur le 400. La compétition n’est pas terminée, je vais me concentrer sur les autres courses en commençant par la finale du 100 dos demain matin.”

“C’est grave”

Philippe Lucas, l’ancien entraîneur de Laure Manaudou qui l’avait emmenée au titre olympique en 2004, considère comme un “gâchis” l’échec de la nageuse aux Jeux de Pékin sur 400 m nage libre et 100 m dos. ” C’est grave, a-t-il déclarésur les ondes de la radio RTL.Pékin, c’était ses Jeux à elle. Elle devait être championne olympique sans problème sur 400 et 800 mètres, et elle pouvait faire quelque chose en dos”.

“Quand on a été élue meilleure nageuse du monde en 2007, qu’on a fait des mondiaux extraordinaires, et qu’on fait 8e (et 7e) sur deux finales olympiques, alors oui, on peut dire qu’on redevient une nageuse ordinaire”, a ajouté l’entraîneur, qui avait fait de sa protégée une championne olympique du 400 m nage libre à l’âge de 17 ans. Selon Lucas, Manaudou paie un manque de travail sur la dernière année et demie, où elle a régulièrement changé d’entraîneur et de lieu d’entraînement. “On voit qu’elle manque de caisse, de puissance. Quand on n’a pas fait le travail qu’il fallait… Elle n’est pas sereine, elle ne peut pas aborder la course comme il faut”.

A titre personnel, Lucas, qui accompagne aux Jeux sa nageuse roumaine Camelia Potec affirme ne rien ressentir de particulier lorsqu’il voit Manaudou en perdition. “Je suis passé à autre chose. Elle n’a pas été très tendre avec moi ces 15 derniers mois (…) Je ne vais pas la voir, ni la croiser, il faut rester à sa place.” Interrogé sur les chances de Manaudou de réussir encore un exploit sur 200 m dos, ou alors de la voir quitter les Jeux, Lucas a répondu: “Il faudrait faire de la magie. Il faut être lucide, elle n’a pas les moyens physiques (…) Mais quand on s’appelle Manaudou, on n’a pas le droit de se sauver, il ne faut pas qu’elle abandonne, ce n’est pas possible”.

Phénomène Phelp

Dans les autres courses de la matinée, Michael Phelps a fait un pas supplémentaire dans la légende en décrochant sa troisième médaille d’or de la compétition sur 200 m nage libre. Le phénomène américain totalise désormais neuf titres olympiques avec la perspective d’en ajouter encore cinq. En s’imposant avec une facilité insolente, améliorant au passage son record du monde (1:42.96), il est ainsi devenu l’un des cinq athlètes les plus titrés de l’histoire aux JO d’été.

Avec trois titres et autant de records du monde déjà dans la besace, et de la marge sur pratiquement l’ensemble de ses cinq dernières courses, il est difficile d’imaginer – sauf accident en relais par exemple – un échec du phénomène, également en chasse du record de titres dans les mêmes Jeux (7), détenu par son compatriote Mark Spitz depuis Munich en 1972.

Sur 100 m dos dames et messieurs, ce sont les Américains, encore, qui ont pris la main avec les victoires de Natalie Coughlin, déjà championne du monde, et Aaron Peirsol, double champion olympique à Athènes.

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