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Manifestations en France contre un accord “scélérat” sur l’emploi

La CGT et FO ont mobilisé modestement mardi partout en France pour enjoindre les députés à ne pas adopter l’accord “scélérat” sur l’emploi, un baroud d’honneur au moment où l’Assemblée nationale s’apprêtait à adopter le texte en fin d’après-midi.

Plusieurs milliers de salariés sont descendus dans la rue à l’appel de la CGT, FO, la FSU et Solidaires dans de nombreuses villes, selon les bureaux régionaux de l’AFP. Le projet de loi transcrit l’accord sur la sécurisation de l’emploi signé en janvier par le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC) mais rejeté par la CGT et FO pour lesquelles le texte “sécurise les licenciements et non pas l’emploi”. Les deux grandes centrales, rejointes par Solidaires et la FSU, avaient déjà appelé le 5 mars à des manifestations dans tout le pays.

A Paris, sous une pluie battante, dans un cortège clairsemé, des militants, avec à leur tête les numéros un de la CGT, Thierry Lepaon, de FO, Jean-Claude Mailly, de la FSU, Bernadette Groison et de Solidaires, Annick Coupé, sont allés de Montparnasse aux abords du Palais Bourbon où ils ont déployé une grande banderole : “Messieurs et mesdames les parlementaires, ne votez pas cette réforme injuste”. “Ce n’est pas du tout un accord donnant-donnant, comme le dit Michel Sapin (ministre du Travail) mais un accord donnant-perdant”, a affirmé Thierry Lepaon. Jean-Claude Mailly a lancé un avertissement aux députés : “C’est une piqûre de rappel, une façon de vous dire que dans quelques mois, quand la loi se sera appliquée, c’est vous qui en porterez la responsabilité”.

Dans l’hémicycle les élus devaient adopter le texte en fin d’après-midi. Ils avaient achevé peu après minuit l’examen de tous les articles et des amendements – émanant essentiellement du Front de gauche. Le projet sera ensuite soumis au Sénat à partir du 17 avril en procédure accélérée. Présent au défilé parisien, le sénateur Pierre Laurent, numéro un du PCF, a promis la poursuite de la bataille à la haute assemblée. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un jour de “deuil social”.

Les modifications apportées au projet par l’Assemblée sont loin de satisfaire la CGT et FO. “Le fond demeure”, en particulier tout ce qui concerne la “flexibilité” du travail, a souligné auprès de l’AFP M. Mailly. En revanche, la présidente du Medef, Laurence Parisot, est “plutôt satisfaite” de voir respectés “les grands dispositifs” de l’accord. Le leader de la CGT a reproché au gouvernement d’avoir “une oreille droite bien ouverte” aux revendications du Medef et “une oreille gauche un peu bouchée”.

“Meurtre avec préméditation” du code du travail

A Lyon, 1 800 manifestants, selon la police, ont défilé de la manufacture des tabacs à la place Bellecour, les drapeaux CGT colorant le défilé. “C’est contre le gouvernement qu’on manifeste. On nous parle de sécurité de l’emploi mais c’est tout l’inverse”, a affirmé à l’AFP Guillaume Dumoulin, représentant CGT chez Presstalis. Aux cris de “non à l’accord destructeur de nos droits et nos emplois”, 350 manifestants ont battu le pavé à Strasbourg, sous une pluie fine. “Le Medef obtient tout, les salariés rien”, s’est indigné auprès de l’AFP un manifestant CGT. A Marseille, plusieurs milliers de manifestants ont marché de la Canebière à la Préfecture, drapeaux CGT et FO au vent. “Parlementaires osez le progrès social, résistez au diktat du Medef”, lisait-on sur la banderole de tête. “Hollande, c’est le peuple qui t’a élu pas le Medef, ni la CFDT”, prévenait une pancarte.

A Toulouse entre 1 800 (police) et 3 000 personnes (syndicats), ont défilé derrière une banderole dénonçant “l’accord scélérat”. Des affichettes dénonçaient le “meurtre avec préméditation” visant le Code du travail. Entre 1 700 et 7 000 personnes ont défilé à Bordeaux. “La régression, on n’en veut pas, retirons ce projet de loi criminel et mortifère”, scandaient des manifestants. A Bayonne, ils étaient 750, à Pau 800, selon la police, à Nice entre 650 et 1 500, à Nîmes entre 400 et 500. Environ 700 manifestants ont défilé à Rennes, selon des journalistes AFP. Au Mans, ils étaient un millier à aller au siège du PS. 920 salariés selon la police, ont défilé à Grenoble et entre 900 et 1 500 à Clermont-Ferrand.

 

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