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Marée noire: BP n’exclut pas d’exploiter le puits de secours

BP a achevé la cimentation du puits à l’origine de la marée noire et se concentrait vendredi sur les suites de la catastrophe, en particulier le nettoyage des plages et marais souillés, ainsi que l’avenir du gisement pétrolier, qu’il n’exclut pas d’exploiter.

Moins de 24 heures après l’injection réussie de ciment dans le conduit, BP a fait savoir qu’il n’excluait pas de creuser un nouveau forage dans le gisement qui a provoqué la plus gigantesque marée noire de l’histoire des Etats-Unis.”Il y a beaucoup de pétrole et de gaz (prisonnier sous terre) et nous devons maintenant réfléchir à ce que nous en faisons”, a déclaré à la presse le directeur des opérations de BP, Doug Suttles.

Trop préoccupées par l’urgence de boucher le puits d’où se sont échappés entre fin avril et mi-juillet quelque 780 millions de litres d’hydrocarbures, les équipes de BP “n’ont même pas pensé à ce qui fallait faire de ce gisement”, a-t-il dit. Jamais cette nappe n’a été exploitée: l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon a en effet eu lieu le 20 avril, alors que les ingénieurs effectuaient les derniers ajustement avant le démarrage de la production.

Mais si la décision était prise d’extraire des hydrocarbures, en aucun cas le puits qui a fui pendant 106 jours ne serait utilisé, a assuré M. Suttles.
Il a précisé en outre que le ciment injecté pendant cinq heures jeudi dans le puits pour servir de bouchon permanent sur la fuite de pétrole devait encore sécher. Ce n’est qu’alors que le forage des deux puits de dérivation reprendra, lors de l’opération “bottom kill”.

Ces puits de secours permettront de vérifier la réussite de la cimentation, voire de cimenter le puits par en-dessous pour le condamner de manière définitive.
L’opération “bottom kill” devrait ainsi permettre de clore pour de bon le chapitre technique de la catastrophe qui a affecté les cinq Etats américains du golfe du Mexique, mettant en péril le riche écosystème de la zone et l’économie locale de la pêche et du tourisme. Mais le succès du colmatage est loin d’avoir dissipé les inquiétudes des habitants des régions côtières.

“Il est impossible de savoir comment tout cela va finalement se terminer”, a déclaré Matt O’Brian, qui travaille dans le secteur de la pêche à la crevette, à Venice, en Louisiane. S’il se réjouit du succès de la cimentation, il s’inquiète de l’avenir du marché des fruits de mer en provenance de Louisiane. “Cela ne peut pas vaincre l’atmosphère d’incertitude qui subsiste en mer”, a-t-il affirmé.

“Il y a une énorme pression sur BP pour qu’il dise que tout va bien à présent. Mais ce qui nous fait peur, à moi et à nombre de personnes ici c’est l’impression que tout le monde — BP, les gardes-côtes, les autorités, les équipes de nettoyage — vont tout d’un coup faire leurs valises et partir”, renchérit Todd Goodman, fonctionnaire local qui s’occupe aussi d’un parc de caravanes. “Et alors, deux mois après — boom ! — encore plus de pétrole qui nous tombe dessus”.
Et BP, qui continue de tenter de redorer son blason à coups de publicités dans les grands médias américains, s’abstient de crier victoire.

“Il y a encore beaucoup de travail”, a lancé Doug Suttles. “Il y a encore des galettes de brut qui vont arriver (sur la côte) et qui devront être ramassées.”
En conséquence, a-t-il assuré, les grands moyens seront maintenus sur le littoral du golfe afin de nettoyer les plages et marais souillés, et le géant britannique ne va pas se dérober à sa responsabilité à long terme.

 

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