Subscribe

Marée noire en Louisiane : mobilisation au sommet

L’administration américaine était mobilisée vendredi pour tenter d’éviter le pire après l’arrivée sur les côtes de Louisiane de la nappe de pétrole du golfe du Mexique, qui laisse présager l’une des pires marées noires de l’histoire des Etats-Unis. La superficie de la nappe était évaluée à plus de 1.500 km2, soit la taille d’une grande agglomération comme celle de Londres. Les Etats d’Alabama et du Mississippi ont  décrété l’état d’urgence après la Louisiane et la Floride

A la demande du président Barack Obama, une réunion de plus d’une heure s’est tenue entre ses principaux ministres et responsables de l’environnement, dont la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano et le secrétaire à la Défense Robert Gates, “pour faire en sorte que les ressources fédérales soient complètement intégrées à la réponse” à la catastrophe, a indiqué la Maison Blanche. Le Pentagone a autorisé vendredi soir le déploiement de la garde nationale de Louisiane. La demande en avait été faite la veille par le gouverneur de l’Etat, Bobby Jindal, qui avait réclamé l’envoi de 6.000 réservistes. M. Jindal a par ailleurs annoncé vendredi que des prisonniers seraient enrôlés pour nettoyer les côtes.

Le Pentagone n’a pas précisé dans son communiqué combien de réservistes pourraient être déployés, mais indique que “le gouvernement considère que BP devra assumer le coût de ce déploiement”. La plateforme pétrolière, exploitée par le groupe britannique BP à 70 km des côtes, a coulé après une explosion et un incendie survenus deux jours plus tôt. Onze personnes sont portées disparues. Le gouvernement américain a décrété la marée noire “catastrophe nationale”, ce qui permet l’utilisation de moyens venant de tout le pays.

Au moins huit plaintes avaient été déposées vendredi devant des tribunaux des régions menacées, essentiellement par des professionnels de la mer qui accusent BP de “négligence”. BP “assume toute la responsabilité de la marée noire et la nettoiera”, a indiqué vendredi une porte-parole du groupe, précisant que le Britannique paierait des dommages et intérêts. Mais Janet Napolitano a appelé vendredi BP à en faire davantage, lors d’un déplacement sur place. La Maison Blanche a fait savoir que M. Obama lui-même n’excluait pas de se rendre dans les régions menacées.

Avec 800.000 litres de pétrole s’échappant chaque jour du puits foré sous la plateforme qui a sombré le 22 avril, la catastrophe pourrait dépasser en ampleur celle de l’Exxon Valdez, la pire de l’histoire américaine, en 1989 au large de l’Alaska. La superficie de la nappe était évaluée à plus de 1.500 km2, soit la taille d’une grande agglomération comme celle de Londres.

Poussées par de forts vents de sud-est, les premières plaques de pétrole libérées par le naufrage de la plateforme Deepwater Horizon ont touché dès jeudi soir des marais proches de l’embouchure du Mississippi. “Pour les oiseaux, c’est le pire moment: c’est la période de reproduction et de nidification”, a observé Melanie Driscoll, de l’association écologiste Audubon Society. Les marais côtiers de Louisiane constituent un sanctuaire pour la faune et des barrages flottants ont été déployés sur près de 50 km pour tenter d’endiguer la nappe de pétrole. Une partie des eaux du Mississippi, le plus grand fleuve du pays, était détournée en direction des marais afin de repousser la marée noire, a indiqué Wilma Subra, de l’organisation écologiste Louisiana Environmental Action Network.

Les Etats d’Alabama et du Mississippi ont à leur tour décrété l’état d’urgence après la Louisiane et la Floride, où la nappe de pétrole est attendue lundi. Le gouverneur de Floride, Charlie Crist, a annoncé un risque “de catastrophe de grande envergure” dans son Etat très axé sur le tourisme. M. Obama a demandé à son administration de lui remettre dans les 30 jours un rapport d’enquête sur les circonstances de l’accident et les mesures éventuelles à prendre pour éviter qu’une telle catastrophe se reproduise et a rappelé que l’exploitation pétrolière devait se faire “de façon responsable”.

Le président avait troublé les écologistes en annonçant en mars la fin d’un moratoire sur l’exploitation pétrolière en mer, dans l’espoir de rallier des soutiens à une loi de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related