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Marée noire : le savoir-faire français pour nettoyer les côtes américaines

Une vingtaine de sociétés françaises devraient se rendre fin août à Houston et à La Nouvelle-Orléans, en réponse à l’appel à l’aide internationale lancé par le gouvernement américain après le début de la marée noire dans le golfe du Mexique. Une délégation pilotée par l’agence Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises.

Alors que BP cherche toujours une solution pour boucher définitivement le puit responsable de la marée noire dans le golfe du Mexique, une vingtaine d’entreprises françaises spécialisées dans la dépollution se préparent à offrir leurs services et leur expertise aux régions touchées par cette catastrophe environnementale.

La France est en effet un des douze pays dont l’offre d’assistance a été retenue par le gouvernement américain. « Nous coordonnons l’offre privée », explique Serge Hanoca, responsable aux États-Unis du service Industries d’Ubifrance, l’Agence française pour le développement international des entreprises. « Une vingtaine de sociétés se sont mises sur les rangs et nous avons communiqué le catalogue les présentant au Département d’État, aux gardes-côtes et à BP. La liste n’est d’ailleurs pas fermée et peut s’enrichir encore. » 
On retrouve dans cette liste des filiales de grands groupes comme Suez mais aussi des PMI-PME souvent basées en Bretagne, une région affectée par plusieurs marées noires depuis le naufrage de l’Amoco Cadiz en 1978… Des catastrophes qui ont servi de véritables laboratoires pour développer des technologies et des compétences dans le domaine de la dépollution.

La visite de la délégation française aux États-Unis se fera en deux étapes. D’abord des rencontres seront organisées à Houston pendant deux jours avec les sociétés « pétrole et gaz » spécialisées dans l’extraction et la production. L’occasion pour les entreprises, dont certaines n’ont jamais eu de contacts commerciaux avec les États-Unis, de présenter leurs produits et leur savoir-faire.
Le deuxième volet du voyage se déroulera dans l’État de Louisiane où les opérations de dépollution et nettoyage, sont en cours depuis des semaines « À La Nouvelle-Orléans, nous allons susciter des rencontres avec BP, des gardes-côtes et leurs sous-traitants, les contractors, dans le cadre de partenariats industriels . La solution locale est privilégiée », précise Serge Hanoca. » Nous essayons d’identifier les interlocuteurs…  Avec BP pour l’instant c’est d’ailleurs assez difficile », admet-il.

Parmi les chefs d’entreprise français composant cette délégation, deux n’ont pas attendu pour établir de précieux contacts. Éric Vial, patron d’Écocéane, a fait les titres des journaux lorsqu’il a proposé, en juin, son prototype de bateau dépollueur à BP. Il en a actuellement huit en activité dans le golfe du Mexique. 
Thierry Thomazeau, patron de Thomsea, est quant à lui, aux États-Unis depuis trois semaines. « C’est ma quatrième marée noire, explique cet ancien patron-pêcheur. J’ai tout de suite réagi en me rendant sur place et en créant une société ici, Thomsea International. Je voulais être présent avant que la fuite ne soit bouchée. »

Thomsea fabrique des filets qui peuvent être installés à l’arrière des chaluts de pêcheurs afin de collecter le pétrole. Thierry Thomazeau est déjà en contact avec un des sous-traitants de BP et a fait des démonstrations en Floride – « sur un parking ! ». En Alabama, « le conseil municipal de Dauphin Island m’a dit que si mes démonstrations marchaient, ils étaient preneurs ! » s’exclame-t-il. Le patron breton vient d’arriver à La Nouvelle-Orléans. « Demain, on va montrer ce dont on est capable en mer, » prévient-il.

Les opérations de nettoyage et confinement ont pour l’instant coûté 3 milliards au géant britannique BP et la facture pourrait s’éléver à 6 milliards. Le 15 juillet, la compagnie pétrolière annonçait qu’elle avait réussi à stopper la fuite en attendant une solution définitive. Le pétrole brut s’écoulait au rythme de 800 000 litres par jour dans le golfe du Mexique depuis l’explosion, le 20 avril, de la plate-forme Deepwater Horizon.

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