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Marée noire : les autorités vont brûler la nappe de pétrole

Les autorités américaines ont donné leur accord mercredi pour que soit brûlée la nappe de pétrole qui flotte sur les eaux du golfe du Mexique où une plateforme a sombré, une mesure radicale pour tenter d’éviter une marée noire.

Le commandement local des gardes-côtes « a approuvé un plan consistant à brûler sur place » la nappe d’hydrocarbure, a déclaré à l’AFP un porte-parole de cette institution, Tom Atkeson. Les opérations devaient démarrer à partir de 11 h locales (16 h GMT).

Des bateaux vont d’abord comprimer le pétrole en l’entourant d’un barrage flottant d’environ 150 mètres de long, explique dans un communiqué la cellule de crise mise en place par la compagnie britannique BP, qui exploitait la plate-forme, et par les gardes-côtes.

« Ce pétrole sera ensuite déplacé vers une zone plus éloignée, où il sera enflammé et brûlera de manière contrôlée », poursuit le communiqué. « Le plan consiste en des feux restreints et contrôlés de plusieurs milliers de gallons de pétrole (ndlr, un gallon représente 3,78 litres) qui devraient durer environ une heure chacun ».

Le but de l’opération est de protéger l’écosystème fragile des côtes bordant le golfe du Mexique, de plus en plus menacées par l’arrivée d’une marée noire provoquée par la fuite de 159 000 litres de pétrole par jour. La plate-forme Deepwater Horizon, appartenant à la société Transocean, contenait 2,6 millions de litres de pétrole et extrayait près de 1,27 million de litres par jour.

La nappe de pétrole est désormais à moins de 30 km des marais côtiers de Louisiane (sud des États-Unis), qui constitue un sanctuaire pour la faune, en particulier les oiseaux aquatiques.

Quant aux autres États américains de la région, la Floride, l’Alabama et le Mississippi notamment, ils craignent que la nappe de pétrole, qui atteint désormais 965 km de circonférence, ne souille dès ce week-end leurs plages et ne pollue les pêcheries, cruciales pour l’économie locale.

Mais la mise à feu de cette nappe de pétrole présente elle aussi des dangers pour l’environnement : elle risque de projeter dans l’atmosphère d’immenses bouffées d’une épaisse fumée noire, et de libérer dans la mer des déchets boueux.

Les efforts de BP pour colmater les fuites ont échoué mardi, malgré l’utilisation de quatre bras robotiques opérant par 1 500 mètres de fond. Et les ingénieurs se démènent pour construire un large couvercle sous-marin destiné à endiguer la fuite. « C’est la première fois que l’on fait cela. L’idée n’existait pas jusqu’à présent », a dit un porte-parole des gardes-côtes, Prentice Danner.

BP envisage également de forer des conduits de secours destinés à injecter un enduit spécial pour boucher définitivement le puits. Mais cela pourrait prendre « deux à trois mois », selon ce responsable, qui a jugé que le couvercle était la meilleure solution en attendant.

La plate-forme a coulé jeudi dernier non loin des côtes américaines après une explosion et un incendie survenus le 20 avril au soir. Une semaine après l’accident, onze personnes étaient toujours portées disparues et les chances de les retrouver quasi nulles.

La responsable des gardes-côtes de La Nouvelle-Orléans, le contre-amiral Mary Landry, s’est refusée à comparer l’accident avec celui du pétrolier Exxon Valdez qui s’était échoué sur les côtes de l’Alaska et avait déversé plus de 40 millions de litres de pétrole sur une distance de 1 300 km. Mais, a-t-elle toutefois assuré mardi lors d’une conférence de presse, « si nous ne sécurisons pas le puits, oui, ceci constituera une des pires marées noires de l’histoire américaine ».

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