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Marie-Josée Pérec “Mon but, c’est de terminer le marathon”

Dix ans après avoir raccroché les pointes, la triple championne olympique Marie-Josée Pérec a décidé de rechausser, le temps d’une journée, ses chaussures de course à pied afin de courir le marathon de New York. Pour France-Amérique, la meilleure athlète française de tout les temps parle de la course de dimanche, de son implication dans l’humanitaire, sans oublier de revenir sur sa brillante carrière et de donner son opinion sur l’actualité de l’athlétisme.

France-Amérique : Marie-Josée Pérec, vous allez courir le Marathon de New York quasiment dix ans après la fin de votre carrière. Dans quel état d’esprit êtes-vous à vingt quatre heures du départ ?

Je suis effrayée à l’idée de courir ce marathon ! Cela semble étrange, mais si ce n’était pas pour une bonne cause, je n’aurais jamais pris l’initiative d’en courir un. Durant plus de quarante kilomètres, ce sera très dur, il faudra juste donner le meilleur de soi-même, voire plus (sourire). Je ne me fixe pas d’objectif particulier. Mon but, c’est de terminer le marathon. Je ne pense pas au temps ni à la performance, je reste concentré sur l’unique objectif : franchir la ligne d’arrivée.

Pourquoi ressentez-vous cette crainte ?

Beaucoup de personnes pensent qu’en tant qu’ancienne sprinteuse de haut niveau, vous aimez la course à pied. Mais ce n’est pas toujours le cas. J’adorais le sprint et les courtes distances, mais je n’ai jamais aimé les longues distances. Je crois avoir même dit une fois lors de ma carrière que le 400 mètres était la distance maximale que je pouvais courir. Et c’était la vérité ! Les efforts intenses sur des courtes durées ne me dérangeaient pas vraiment. Mais je sais aussi que je n’aurais jamais pu faire carrière en faisant du 800 mètres.

Avez-vous effectué une préparation physique particulière ?

Depuis l’arrêt de ma carrière en 2004, je n’ai quasiment pas pratiqué de sport. J’ai quasiment tout arrêté du jour au lendemain. J’ai donc repris la course à pied au mois de mars dernier afin d’essayer de me mettre dans de bonnes conditions physiques pour le marathon. Je vais courir quatre, cinq fois par semaine depuis plusieurs mois, mais je ne sais vraiment pas si cela va vraiment m’aider pour la course de dimanche…

Vous allez courir pour une cause humanitaire. En effet, vous êtes l’une des ambassadrices de l’association Monégasque Peace and Sport. Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec cet organisme ?

J’ai rencontré les responsables de l’association au Burundi il y a quelques années. Je travaillais sur plusieurs projets humanitaires à travers l’Afrique et nous avons discuté sur la possibilité d’une collaboration, ce qui m’a tout de suite enchanté. L’objectif de Peace and Sport est de promouvoir la paix par le biais de projets de développement parrainés par des sportifs de haut niveau. Le sport lie et réuni les gens. Je trouve que l’idée d’utiliser le sport à des fins humanitaires est très intéressante.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Ma présence au Marathon de New York s’inscrit dans le cadre d’un projet de développement pour Haïti. L’objectif est de disputer cette épreuve mythique avec 19 autres coureurs afin de récolter des fonds pour ce pays qui à encore du mal à se relever du tremblement de terre de 2010. Ce projet me tient à cœur car j’ai une affection particulière pour ce pays. J’ai grandi en Guadeloupe et bon nombre de mes voisins étaient originaire d’Haïti. Je suis vraiment très motivée à l’idée d’apporter une aide, quelque soit sa nature, à mes frères haïtiens.

Votre carrière et votre implication sociale vous ont d’ailleurs valu d’être décorée de la légion d’honneur il y a quelques semaines…

C’était quelque chose d’inoubliable. Je suis très honorée d’avoir reçu cette décoration, ça m’a vraiment fait chaud au cœur. J’étais tellement émue lorsque le président François Hollande m’a remis la légion d’honneur. Son discours a été très touchant.

Vous avez vécu dix ans en Californie. Quelle a été l’importance de votre passage par les États-Unis ?

Après plusieurs années passées à m’entrainer en France, j’ai décidé de partir à Los Angeles afin de rejoindre un groupe d’athlètes et découvrir de nouvelles méthodes de travail. J’ai donc intégré le campus de UCLA où j’ai travaillé avec la crème de la crème du sprint mondial. J’ai beaucoup appris durant mes années californiennes. Je pense que ce passage par les Etats-Unis m’a aidé à progresser et à atteindre un niveau de compétitivité qui m’a permis de gagner mes médailles olympiques.

Quel souvenir gardez-vous de votre double médaille d’or à Atlanta en 1996 ?

Ces deux médailles sont, avec mon titre olympique à Barcelone en 1992 sur 400 mètres, les meilleurs souvenirs de ma carrière. Pour un athlète, c’est un rêve, une quête. C’est le résultat de beaucoup de travail et de sacrifices. J’étais littéralement sur un nuage lorsque j’ai reçu ses médailles d’or. Je n’oublierai jamais ces podiums, la cérémonie, la remise des médailles et aussi l’hymne qui résonne dans le stade. C’est une sensation tellement énorme.

Vous avez raccroché les pointes il y a dix ans. Suivez-vous toujours autant l’athlétisme ?

Oui, je garde toujours un regard attentif sur ce qui se passe sur les pistes. L’athlétisme est passé à un autre niveau d’exposition médiatique depuis l’avènement d’Usain Bolt. J’admire ce qu’il fait, c’est un extra-terrestre. Il a permis d’attirer un peu plus les projecteurs sur l’athlétisme et c’est une très bonne chose, même si son omniprésence médiatique peut aussi faire beaucoup d’ombre aux autres athlètes.

Quel est votre point de vue sur les derniers résultats des athlètes français ?

L’équipe de France d’athlétisme traverse une bonne période actuellement et j’en suis très contente. Des athlètes comme Teddy Tamgho et Renaud Lavillenie sont les meilleurs dans leur discipline respective et Christophe Lemaitre progresse année après année. L’ambiance à l’air très bonne entre les athlètes, c’est très important pour l’équilibre d’un groupe.

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