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Marie NDiaye remporte le prix Goncourt et Frédéric Beigbeder reçoit le Renaudot

Les prix Goncourt et Renaudot 2009 ont été attribués lundi à Marie NDiaye pour “Trois femmes puissantes” (Gallimard) et à Frédéric Beigbeder pour “Un roman français” (Grasset), ont annoncé les jurys au restaurant Drouant à Paris.

Marie NDiaye, première femme à obtenir le Goncourt depuis 1998 a été couronnée au premier tour avec cinq voix contre deux à Jean-Philippe Toussaint pour “La vérité sur Marie” et une voix à Delphine de Vigan pour “Les heures souterraines.

Frédéric Beigbeder a de son côté obtenu le Renaudot au cinquième tour avec sept voix contre une pour Vincent Message pour “Les veilleurs”, une voix pour Véronique Ovaldé pour “Ce que je sais de Vera Candida” et une pour Justine Lévy pour “Mauvaise fille”.

Cette année, le Goncourt et le Renaudot ont fait la part belle aux écrivains confirmés.

Née le 4 juin 1967 à Pithiviers (Loiret), d’un père d’origine sénégalaise et d’une mère française, Marie NDiaye a grandi en banlieue parisienne. Elevée uniquement en France par sa mère, professeur de sciences naturelles, elle a publié à 18 ans son premier roman, “Quant au riche avenir” (1985).

Remarquée par Jérôme Lindon des éditions de Minuit, elle abandonne rapidement ses études pour se consacrer à l’écriture et enchaîne depuis romans et recueils de nouvelles. Une vingtaine en 23 ans, parus pour l’essentiel chez Minuit, puis chez Gallimard. “Comédie classique” (1988), “La femme changée en bûche” (1989), “La sorcière” (1996)…

“Trois femmes puissantes” regroupe trois récits dont les héroïnes résistent pour préserver leur dignité, entre la France et l’Afrique. En 2007, Marie NDiaye s’est installée à Berlin avec sa famille.

Trublion de l’édition française devenu l’un des piliers de la critique littéraire, Frédéric Beigbeder obtient pour sa part une nouvelle consécration.

“Un roman français”, son récit autobiographique, fleure la province profonde. Fatigué des nuits de défonce dans les boîtes de nuit parisiennes, l’ex-jet-setter livre le récit sensible de son enfance béarnaise.

Auteur comblé de “99 francs” en 2000 (400.000 exemplaires vendus et une adaptation au cinéma en 2007), Frédéric Beigbeder a déjà obtenu le prix Interallié 2003 avec “Windows on the World”

Frédéric Beigbeder s’est dit “très heureux” de se “retrouver sur la même liste” que Louis-Ferdinand Céline et Georges Pérec, quelques minutes après avoir reçu le prix Renaudot 2009. “Je suis très heureux. Hier, j’ai très mal dormi, et ce matin je suis béat, muet”, a confié à la presse le romancier, arrivé en taxi au restaurant Drouant à Paris.

“C’est un prix important, qui a été décerné au +Voyage au bout de la nuit+ de Céline et aux +Choses+ de Pérec, tous ces livres si beaux, si grands. Et là, me retrouver sur la même liste que ces gens-là… Je crois que je vais pleurer”, a poursuivi Frédéric Beigbeder, visiblement ému.

Evoquant “Un roman français”, l’écrivain a parlé d'”un livre sur (son) enfance, et les enfants veulent recevoir des médailles, des récompenses, et moi c’est ce que je vis en ce moment”. “C’est un très grand honneur”, a-t-il ajouté.

Le prix Renaudot de l’essai a été décerné a Daniel Cordier pour “Alias Caracalla” (Gallimard). Enfin le Renaudot du livre de poche, attribué pour la première fois, a récompensé Hubert Haddad pour “Palestine”.

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