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Marie-Stéphane Bernard, la cantatrice fauve

Grande mozartienne, Marie-Stéphane Bernard, qui vit à Memphis, a conquis le cœur du public avec son soprano lyrique.

Il suffit de quelques notes à Marie-Stéphane Bernard pour arracher des larmes à son public. Cette soprano à la chevelure rousse conjugue prouesse vocale et performance dramatique. Un double talent très apprécié dans l’univers parfois glacé de l’opéra. « C’est l’alliance subtile entre la musicalité, le texte et le jeu qui fait la qualité de l’opéra », explique l’artiste d’une voix chaleureuse.

Née de parents férus de jazz, la jeune Marie-Stéphane est repérée à l’âge de 15 ans par l’artiste lyrique allemande Hildegard Beren, à Paris. Encouragée à perfectionner son chant, la jeune élève ajoute rapidement une nouvelle corde à son arc de pianiste et de violoniste. Sa persévérance lui vaut bientôt un ticket pour la gloire, sous la forme d’une bourse d’études afin d’aller étudier, à 18 ans, au conservatoire de la Santa Cecilia, à Rome. « C’était un pacte», explique l’artiste. Avec une gageure : «Arriver toujours dans les trois premiers au classement des concours ». Un contrat que Marie-Stéphane Bernard honore toujours,  même lorsqu’elle doit affronter quelques 500 autres candidats.

A bonne école, la diva peaufine son art. En plus de travailler sa diction en italien, en allemand et anglais, trois langues requises pour l’Opéra, elle suit les master classes d’Alfredo Kraus en Italie et de Virginia Zeani à Bloomington, aux Etats-Unis. « A la demande, je peux aussi chanter en russe, en tchèque ou en espagnol», précise l’artiste. On croise la soprano à la Fenice de Venise, en 1994, chantant Stella dans Les Contes d’Hoffmann, puis dans La Bohème, en Musetta l’année suivante. Tous les ans, elle interprète également Mozart « sur ses propres terres », à Vienne.

Marie-Stéphane Bernard enchaîne surtout depuis 10 ans les premiers rôles de l’Opéra Comique, à Paris, sous la direction de Jérôme Savary. Une rencontre artistique fertile. « Jérôme est un véritable homme de théâtre. Il m’a beaucoup appris sur mon jeu d’actrice et a su révéler ma veine comique.» Mais son plus beau rôle demeure à ses yeux celui de la Princesse d’Albe dans la création «Goya» de Jean Prodomidès. «Je suis très fière d’avoir participé à un opéra contemporain, c’est tellement rare !», assure la soprano qui peut aussi se targuer d’avoir collaboré avec des metteurs en scène comme Olivier Py ou Laurent Pally

Pour des raisons de cœur, l’artiste s’est installée aux Etats-Unis il y a un an et demi. « Mon mari américain est capitaine de bateau. Je suis femme de marin ! », s’amuse-t-elle, comme s’il s’agissait là d’un énième rôle de composition. Partageant sa vie entre Memphis et Paris, la diva souhaite désormais s’installer artistiquement en Amérique. « J’ai déjà chanté au Kennedy Center de Washington en mars 2006 dans le rôle de Metella pour La vie parisienne. J’attends de poursuivre cette expérience américaine. »

Site: http://www.marie-stephane-bernard.com/index.php

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