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Marion Cotillard et Johnny Depp en «ennemis publics»

Public enemies qui sort mercredi en salles, met en scène Johnny Depp en gangster dans l’Amérique de la Grande dépression, aux côtés de Christian Bale et de la Française Marion Cotillard, dans un polar efficace mais quelque peu dépourvu d’âme, signé par l’Américain Michael Mann.

Basé sur le livre éponyme de Bryan Burrough, le film raconte la brève mais intense carrière criminelle de John Dillinger, célèbre braqueur de banques de Chicago, de sa sortie de prison en mai 1933 à sa mort à 31 ans en juillet 1934.

Emprisonné pendant dix ans après un premier vol, il mène avec sa bande des attaques à travers tout le Midwest, qui font rapidement de lui « l’ennemi public numéro un » pour le Bureau of investigation, l’ancêtre du FBI.

Malgré leurs crimes, Dillinger et ses complices devinrent populaires en dévalisant, à bord de puissantes Ford V8, des banques discréditées par la crise de 1929 où nombre d’Américains avaient perdu leur emploi et leurs économies.

Public enemies relate en parallèle une série de braquages, la romance de Dillinger avec une jeune femme aux origines modestes, Billie Fréchette – jouée par Marion Cotillard, repérée par Mann dans La môme qui lui a valu un Oscar – et la traque menée par son ennemi, l’agent Melvin Purvis (Christian Bale).

Connu pour revisiter le thriller d’action et le film noir par ses mises en scène brillantes et nerveuses (Collateral, Heat), Michael Mann, 66 ans, s’attaque ici au portrait d’un légendaire gangster, dans la lignée d’un Arthur Penn avec Bonnie and Clyde ou d’un De Palma avec Les incorruptibles.

« Il a encore une mentalité du XIXe siècle, il est presque anachronique en 1933, l’année où la prohibition prend fin et où le crime se reconvertit dans le capitalisme d’entreprise, les services, l’industrie des paris… », a estimé le réalisateur, venu à Paris rencontrer la presse.

« Dillinger savait se rendre populaire, il travaillait son image. À l’époque il faisait ce que tout le monde rêvait de faire : s’attaquer au système, à des banques qui trois ans plus tôt avaient fait faillite en laissant les gens ruinés ».

Malgré de longues recherches et une reconstitution historique soignée, le cinéaste survole les tensions économiques et sociales de la Grande dépression, qui auraient nourri le côté « Robin des Bois » du bandit, à peine effleuré.

Se reposant sur la capacité de Johnny Depp, toujours impeccable, à donner une crédibilité immédiate à son personnage, Mann saisit celui-ci dans l’action, tête brûlée intrépide, mais peine à entrer dans la psyché du gangster.

Enfin, ni l’histoire d’amour de Dillinger avec Fréchette, ni son duel avec l’homme qui l’abattra, Melvin Purvis, ne prennent un relief particulier.

Restent quelques scènes marquantes, où se lit la fascination du réalisateur pour un gangster conscient de bâtir son propre mythe tout en allant à sa perte.

Basée sur des faits réels, l’une montre Dillinger défiant les policiers en se baladant dans le commissariat central de Chicago, puis confronté à son parcours criminel, étalé en photos et PV punaisés sur de grands tableaux.

Et le final où le gangster est abattu à la sortie d’un cinéma où il venait de voir Manhattan melodrama (L’ennemi public numéro un) donne lieu à un beau face-à-face en forme de mise en abyme entre Clark Gable et Depp-Dillinger.

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