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Martial Yapo, peintre français de la Normandie à la Californie

Les toiles du Français Martial Yapo, architecte de formation, évoquent la culture africaine de sa famille ivoirienne. Peintures à l’huile en relief avec une influence du graff, elles sont exposées à San Francisco à partir du 9 juin.

“Personne n’est au courant, mais San Francisco et Abidjan sont jumelées ! Je l’ai appris il y a un mois !” L’artiste français Martial Yapo s’émerveille avec un petit rire dans la voix. Lui dont la mère est ivoirienne et qui vit aujourd’hui en Californie semble ravi de ce nouvel indice de cohérence dans sa vie.

A 31 ans, il donne en effet l’impression que tout fait sens dans son parcours, qui ne compte guère d’embûches. Il a grandi à Rouen, avec ses quatre frères et ses quatre soeurs, où il a fait une école d’architecture en 2001. Il poursuit son cursus à Paris et, diplômé en 2007, décide de s’installer aux Etats-Unis. “J’étais un athlète et je faisais des compétitions internationales. J’ai toujours voulu venir aux Etats-Unis.” Mais la première tentative en 2003 avait échoué pour une simple question de score au TOEFL, ce test visant à évaluer le niveau d’anglais.

Ce n’est donc qu’après ses études que le peintre monte dans l’avion, direction Washington DC pour trois semaines avant de poser ses valises pour de bon sur la côte ouest. “Washington, ce n’était pas pour moi. Je n’y ai rencontré personne et je n’ai rien ressenti pour cette ville”, précise Martial Yapo. Jouant en permanence du ‘franglais”, il contrebalance : “j’aime la Californie. Les gens sont plus ‘layed back’, plus cools, plus ‘friendly’”.

Peinture à l’huile, bombe et pochoirs

Des opportunités se présentent et il organise trois expositions en 2008. Martial raconte avoir commencé la peinture au lycée, en 1999. “Ça a été mon dada pendant toutes ces années. Et l’architecture m’a appris des choses, ça a été complémentaire.” Il s’est également essayé au graff en 2002, le temps d’une année. “J’ai arrêté avec l’hiver, il faisait trop froid”, explique-t-il sans plaisanter.

Il revient à la toile, à la peinture à l’huile, mais garde ses nouveaux outils, la bombe et les pochoirs. “Je donne du volume aux formes, comme dans le graff. Et puis j’intègre des morceaux de bois par exemple, pour faire de la 3D constructive qui donne un effet sculpture. Ça c’est l’apport de l’architecture”, analyse l’artiste en expliquant que ses toiles évoquent l’Afrique et la culture ivoirienne.

A travers des “formes discernables mais qui restent abstraites”, il dépeint les traditions inculquées par sa mère. “Quand j’étais petit, ma mère gardait au-dessus du frigo un peu de nourriture, d’alcool et de lait auxquels on n’avait pas le droit de toucher : c’était pour les esprits, pour rester en harmonie avec les morts.” Ces souvenirs transparaissent dans la peinture de Martial Yapo, qui a aujourd’hui un fils de deux ans et demi. Manager d’un “wine bar” de San Francisco, il travaille de nuit et se félicite d’avoir du temps le jour pour l’architecture et l’art, ne voulant rien arrêter et toujours à la recherche de nouveaux projets.

Exposition “Whispering soul” à la galerie Amelia Hyde, du 9 juin au 31 juillet 2012. 521 6th St., San Francisco. Vernissage ouvert au public le 9 juin à 20h. Entrée gratuite.

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