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Martin Provost, la tendresse dans le regard

Le réalisateur de Séraphine remet Yolande Moreau à l’honneur dans Où va la nuit, projeté dans le cadre du festival « Rendez-vous with French cinema ». Rose change son destin de femme battue en assassinant son mari. Elle tâche alors de recoller les morceaux avec son fils, qui a fui depuis longtemps l’enfer familial.

Martin Provost et Yolande Moreau, c’est l’histoire d’une rencontre. Une complicité entre deux êtres authentiques et simples qui apparaît à l’écran. Leur première collaboration, pour Séraphine, avait rapporté 7 César, dont celui du meilleur film et celui de meilleure actrice, pour la performance de Yolande Moreau. L’actrice avait interprété au plus juste la vie de Séraphine de Senlis, femme de ménage le jour et peintre la nuit.

Le réalisateur aime « une certaine simplicité chez les gens. Derrière chaque personne il y a une histoire, et cette histoire a beaucoup d’importance pour moi ». C’est pour capter la vérité des personnages que Martin Provost porte « un regard tendre » sur ses comédiens, un regard emprunt d’une grande confiance qui leur permet de se laisser aller à jouer jusqu’à l’incarnation. Le réalisateur, qui préfère d’ailleurs le terme de « metteur en scène », a été longtemps comédien, et est depuis extrêmement attentif à la direction de ses acteurs. « Sur le plateau, je suis en adéquation avec eux, il y a tout de suite une proximité qui se créé », explique t-il. « Je travaille pour eux, ce ne sont pas des instruments de ma propre vision ».

Avec Où va la nuit, Martin Provost offre un autre rôle à la mesure de Yolande Moreau. Le scénario adapté du roman de Keith Ridgway, The long Falling, aborde la relation filiale. Rose (Yolande Moreau) change son destin de femme battue en assassinant son mari. Elle tâche alors de recoller les morceaux avec son fils, qui a fui depuis longtemps l’enfer familial. « La relation père-mère-enfant est fondamentale pour moi, elle définit ce que l’on est », explique le réalisateur.  Il avait déjà abordé le sujet dans Le Ventre de Juliette, en 2003. « Dans ce film, le père est à nouveau évincé ».

« Yolande Moreau s’est imposée dès la lecture de The long Falling de Keith Ridgway, et après Séraphine, on avait l’un et l’autre envie de faire un autre film ensemble », se souvient-il. Pour son prochain long-métrage, qui abordera à nouveau la création, il a fait appel à Emmanuelle Devos, qui incarnera l’écrivaine Violette Leduc. Le réalisateur et écrivain travaille également sur un film d’animation adapté de son bestseller, Bifteck.

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