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Mathieu Demy sur les traces de son enfance à Los Angeles

Avec Americano, qui sort en salles vendredi 15 juin, Mathieu Demy filme son enfance en Californie à travers le road movie déroutant d’un Français qui se perd entre Los Angeles et Tijuana, au Mexique.

“Je finissais l’école très tôt, après j’allais sur la plage de Venice Beach pour faire du roller, avec Off the wall, de Michael Jackson, dans les oreilles ! C’était les années 80″. C’est avec nostalgie que Mathieu Demy, fils d’Agnès Varda et de Jacques Demy, se souvient de sa jeunesse à Los Angeles. D’où une certaine mélancolie qui transparaît dans son dernier film Americano, un mélange d’autobiographie et de fiction. Le long-métrage retrace l’histoire de Martin, un Parisien obligé de regagner la cité des Anges, ville de son enfance, pour s’occuper des formalités administratives liées au décès de sa mère.

Mathieu Demy n’imaginait pas utiliser autant sa propre histoire lorsqu’il a commencé à écrire le scénario du film. “J’ai d’abord eu l’envie de faire un road movie sur le deuil, où le personnage se perd pour se retrouver. Mais très rapidement, je l’ai relié à ma propre enfance”. Les parents de Mathieu Demy se sont séparés lorsqu’il était enfant. Ils vivaient à Los Angeles. Son père est resté en Californie tandis que sa mère et lui sont rentrés à Paris. Dans le film, les rôles des parents ont été volontairement inversés. “Un film a toujours besoin d’un peu de vérité. Mais en même temps, il faut une part de métaphore. Je ne voulais pas faire une autobiographie.”

Pour les besoins d’Americano, Mathieu Demy a réutilisé des images et des musiques d’un faux documentaire intitulé Documenteur, réalisé en 1981 par Agnès Varda lors de leurs années à Los Angeles et dans lequel il apparaît. Ces images, qui font office de flash-back dans le film, donnent une couleur nostalgique, sombre. “J’ai voulu filmer Los Angeles différemment, montrer à quel point cette ville peut être déroutante pour un Français. C’est aussi une manière de raconter ce sentiment très bizarre lorsqu’on revient dans la ville de son enfance.”

Après Los Angeles, le film mène le personnage principal à Tijuana, la première ville du Mexique au-delà de la frontière avec la Californie. Le personnage se confronte alors à une autre culture, encore différente de celle de Los Angeles, et se perd toujours un peu plus. “C’est aussi ça l’expatriation. Vivre les choses par soi-même pour trouver sa propre vérité. C’était aussi une volonté de ne pas faire un film franco-français, car ce n’est pas comme ça que je me sens. J’embrasse autant ma culture française qu’américaine.”

Sortie en salles à New York vendredi 15 juin

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