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Matthias Schoenaerts, un Belge à Hollywood

Révélé dans le film belge Bullhead, l’acteur confirme son statut d’étoile montante avec De Rouille et d’os, qui sort cette semaine à Los Angeles. Hollywood lui fait les yeux doux et le compare déjà à Marlon Brando.

France-Amérique : A l’instar de Romain Duris (De battre mon cœur s’est arrêté) et Tahar Rahim (Un prophète), votre carrière a pris un tournant après votre collaboration avec Jacques Audiard. Comment l’expliquez-vous ?

Matthias Schoenaerts : Peut-être que Jacques a bon goût ! Plus sérieusement, je pense qu’il a l’intelligence de l’instant. Il dirige d’une façon très fine et exigeante. J’ai rencontré Tahar Rahim au festival de Lyon et on a parlé ensemble du travail avec Jacques Audiard. Il me disait ‘Après Jacques, ce n’est pas facile…’, parce qu’on s’habitue à une intensité, à une relation si intime et généreuse. J’ai travaillé des semaines avec lui pour préparer mon personnage, le rendre plus profond, plus réel. Peu de réalisateurs passent autant de temps avec leurs acteurs.

D’ou vient cette spontanéité dans la mise en scène et les dialogues ?

Quand vous tournez un film hollywoodien, vous allez peut-être refaire la même scène trente fois. Avec Jacques Audiard, c’est différent. La plupart du temps, il ne fait pas plus de cinq prises pour une scène. On a fait attention à ne surtout pas se répéter. Il se dit que s’il a besoin de plus, c’est qu’il y a un problème. Que ce soit dans le jeu, la dramaturgie, l’écriture ou le lieu. Il remet tout en question après cinq prises. C’est ce qui donne ce côté instinctif au film. Jacques s’arrangeait pour que chaque prise soit différente. Et je le comprends. Si tu refais la même scène dix fois, tu la tues.

Avec les nombreuses propositions émanant d’Hollywood, allez-vous essayer de mener une carrière sur deux fronts, en Europe et aux Etats-Unis, comme le fait Marion Cotillard par exemple ?

Une fois qu’on est à l’aise avec les langues, tout est possible. C’est avant tout parce que beaucoup d’acteurs européens ne parlent pas anglais qu’ils ne font pas carrière ici. De nombreuses coïncidences dans ma vie font que je parle l’anglais. Et j’ai la chance d’être sensible aux langues. C’est clair que depuis De Rouille et d’os, j’ai reçu pas mal de propositions venant des Etats-Unis et j’ai le choix, donc c’est plutôt bien ! Je n’avais jamais songé à faire carrière aux Etats-Unis mais je dois reconnaître que j’apprécie beaucoup de jouer en anglais. C’est une belle langue pour le cinéma.

Déjà en salles à New York, De Rouille et d’os de Jacques Audiard sera à l’écran vendredi 30 novembre à Los Angeles, suivi d’une sortie nationale au début de l’année 2013.

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