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Maurice Jarre a tiré sa révérence à Los Angeles

Maurice Jarre, le père de Jean-Michel Jarre et compositeur récompensé par trois Oscars, est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à Los Angeles, des suites d’un cancer. Il avait 84 ans. Portrait.

Maurice Jarre, décédé à Los Angeles des suites d’un cancer à l’âge de 84 ans dans la nuit de samedi à dimanche, est l’auteur de nombreuses musiques mythiques de film, parmi lesquelles Docteur Jivago, Lawrence d’Arabie et Paris brûle-t-il ?.

Compositeur le plus récompensé par les Oscars avec trois statuettes pour Lawrence d’Arabie (1962), Docteur Jivago (1965) et La Route des Indes (1984), Maurice Jarre a signé plus de 150 musiques de film pour les plus grands réalisateurs : John Frankenheimer, Alfred Hitchcock, John Huston ou Luchino Visconti.

Nicolas Sarkozy a rendu hommage au « grand compositeur » de musique, saluant son « œuvre généreuse et majestueuse, une musique classique et populaire ». « En oeuvrant avec les plus grands cinéastes du monde entier, il a montré à tous que la musique était aussi importante que l’image pour la beauté et la réussite d’un film », a déclaré le chef de l’État dans un communiqué. « Ses trois Oscars en attestent, et les oeuvres auxquelles il a magistralement contribué sont inscrites pour l’éternité dans l’histoire du cinéma : Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago, Le cercle des poètes disparus ou encore le mythique Paris brûle-t-il ? », a-t-il ajouté.

« Maurice Jarre disparaît alors que nous venons de célébrer le centenaire de la musique de film, née en France avec Camille Saint-Saëns. Aujourd’hui notre pays est fier de compter avec de jeunes compositeurs qui empruntent brillamment la voie de leurs aînés, de Paris à Hollywood », a conclu Nicolas Sarkozy.

« Auteur de thèmes et de mélodies universels qui ont accompagné de puissantes épopées cinématographiques, il fut aussi un musicien inventif, moderne, maîtrisant parfaitement le matériau sonore. Sa musique était un contrepoint de l’image et faisait corps avec les films », a estimé la ministre de la Culture, Christine Albanel.

Le musicien avait signé sa première musique de film en 1952 à la demande du cinéaste Georges Franju pour le court-métrage Hôtel des Invalides. Maurice Jarre, qui s’était installé aux États-Unis au milieu des années 60 puis en Suisse avant de revenir à Los Angeles, a également signé les musiques des films Le président (Henri Verneuil), Jésus de Nazareth (Franco Zeffirelli, 1976), ou Witness (Peter Weir, 1985) et Le cercle des poètes disparus (Peter Weir, 1989).

Le compositeur avait fêté ses cinquante ans de carrière en 2006 en donnant à l’Auditorium de Lyon, sa ville natale, un concert retraçant ses plus grandes œuvres, en présence de son fils, le musicien Jean-Michel Jarre, l’un des précurseurs de la musique électronique avec des œuvres qui ont également connu un succès mondial comme Oxygène.

« Dans un film, le compositeur est le dernier maillon d’une lourde chaîne. Souvent, il se retrouve face au producteur quand ce dernier enrage de sortir son film. Alors tout va très vite. Pour Lawrence d’Arabie, on m’avait donné six semaines pour composer deux heures de musique », avait-il confié il y a quelques années au Journal du Dimanche.

Maurice Jarre racontait que sa vocation était née, quand il était enfant, de l’écoute d’un enregistrement de la 2e Rhapsodie hongroise de Liszt par Léopold Stokowski, œuvre qui l’avait fasciné. Après des études musicales, il était devenu percussionniste-timbalier et avait formé en 1946 un duo avec le compositeur Pierre Boulez pour la compagnie de Théâtre Renaud-Barrault. Cinq ans plus tard, Jean Vilar lui commandait la partition du Prince de Hombourg, joué au Festival d’Avignon par Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Maurice Jarre a composé et écrit aussi plusieurs ballets pour l’Opéra de Paris, notamment Notre-Dame-de-Paris.

Le compositeur avait trois enfants : le compositeur de musique électronique Jean-Michel Jarre, la décoratrice Stéphanie Jarre (née de son union avec Dany Saval) et le scénariste Kevin Jarre (adopté). En février dernier, lors de sa dernière apparition publique en Europe, il avait reçu un Ours d’Or au Festival de Berlin pour l’ensemble de sa carrière.

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