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Mediator : Sarkozy réclame la transparence, les victimes réparation

L’affaire du Médiator, médicament largement détourné comme coupe-faim, est désormais prise en compte au plus haut niveau de l’Etat, tandis que les victimes réclament réparation et que la presse poursuit son enquête pour démêler la genèse de ce désastre sanitaire.

Mercredi en conseil des ministre, le président Nicolas Sarkozy a demandé “la transparence la plus totale” sur l’affaire de ce médicament qu’ont pris 5 millions de Français. Il a rappelé que l’Inspection générale des affaires sociales (Igas, dépendant du ministère de la Santé) devait rendre son rapport à la “mi janvier”. “Nous avons vis-à-vis de nos concitoyens un impératif de protection”, a déclaré le chef de l’Etat, selon le porte-parole du gouvernement, François Baroin. “Avec le Premier ministre et le ministre de la Santé, le président de la République est extrêmement attentif à ce sujet” et “il a réaffirmé sa détermination à ce que toutes les conséquences soient tirées”, a-t-il ajouté.

De leur côté, “les victimes se réjouissent que l’Etat se préoccupe au plus haut niveau de ce scandale et espèrent que cela va se traduire dans les faits, notamment en matière d’indemnisation”, a dit à l’AFP l’avocat Charles Joseph-Oudin, qui se prévaut de défendre 25 personnes victimes de ce médicament, responsable de 1.000 à 2.000 morts. Il a assuré recevoir “beaucoup d’appels de gens qui en ont pris et découvrent soit qu’ils ont un risque d’atteintes des valves cardiaques soit que celles-ci pourraient être liées à ce médicament”. De même, le député PS Gérard Bapt, à l’origine d’une demande de mission d’information parlementaire sur le Mediator, s’est “réjoui de la détermination affichée par le président de la République de faire toute la transparence sur ce drame sanitaire”.

Le Figaro, lui, fait état d’un rapport d’experts italiens d’octobre 1999, réalisé à la demande de l’Agence européenne du médicament, qui “montre sans ambiguïté la similitude de toxicité entre l’Isoméride”, coupe-faim interdit en 1997, et le Mediator, qui est resté sur le marché français jusqu’en 2009. “Les laboratoires Servier et l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssap) ne réagiront pas” à ce document, poursuit Le Figaro. Isoméride et Mediator, une fois consommés, larguent dans l’organisme une substance toxique responsable d’hypertensions artérielles pulmonaire (HTAP), une maladie grave pouvant nécessiter une greffe de poumons, ainsi que d’atteintes des valves cardiaques. Selon le Figaro, Servier niait encore tout récemment la similitude entre ces molécules. Le laboratoire, sollicité par l’AFP, n’avait pu être joint mercredi soir. Enfin, Mediapart souligne dans une analyse documentée que le rôle du Mediator dans la survenue d’HTAP est devenu “une certitude en 1999”.

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