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Mélenchon s’en prend à Mitt Romney

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, venu mercredi au palais de justice de Paris soutenir d’anciens ouvriers de l’usine Samsonite d’Hénin-Beaumont, a dénoncé les “ravages du capitalisme financier” et mis en cause le républicain américain Mitt Romney.

“C’est une lutte de portée symbolique exemplaire”, a dit M. Mélenchon, avant de poser aux côtés de 34 anciens employés de l’usine, cédée en 2005 à des repreneurs qui l’avaient liquidée en 2007, “envoyant au tapis” 205 salariés licenciés. M. Mélenchon est candidat dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais où son duel avec la candidate du FN Marine Le Pen est attendu.

Il a mis en cause Mitt Romney en tant que fondateur du fonds d’investissement Bain capital, actionnaire de Samsonite au moment de la cession: c’est symbolique que le fondateur “du fonds d’investissement venu égorger l’entreprise soit le candidat républicain à la présidence américaine”, a-t-il dit. “Le capitalisme financier s’en fout de ce qu’il produit, tout ce qui compte pour lui, ce sont les actifs, la trésorerie…. Le capitalisme industriel se contentait de pomper le capital humain. Le capitalisme financier, c’est comme le parasite du parasite”, a-t-il dit à l’AFP.

M. Mélenchon allait assister à la quatrième audience du procès en appel des repreneurs de l’usine, souvent présentés comme des “patrons voyous”.Ils avaient été condamnés en 2009 à des peines de prison ferme pour avoir sciemment provoqué la faillite de l’entreprise, en détournant 2,5 millions d’euros. “C’est toujours la même histoire: il faut combattre les corrompus mais aussi pourchasser les corrupteurs! On juge les repreneurs, exécuteurs des basses oeuvres qui ont pris leur part, mais jamais ceux qui sont derrière. Personne ne leur demande de comptes pour ces ravages sociaux”, a ajouté M. Mélenchon.

Venue d’Hénin-Beaumont avec 34 anciens collègues, Renée Ponthieu s’est présentée à M. Mélenchon comme “une fille et petite fille de mineur”. “C’est ma fierté d’aller jusqu’au bout” du combat judiciaire, a expliqué à l’AFP Mme Ponthieu, 59 ans, qui était ouvrière sur les chaînes de fabrication de bagages de Samsonite. “On est toujours contre les repreneurs de l’usine qui avaient détourné tout l’argent. On est toujours aussi contre Samsonite parce qu’on sait bien qu’ils ont cédé l’usine à ces repreneurs-là pour s’en débarrasser et ne pas avoir à payer le coût du plan social. Et, enfin, à Boston (Etats-Unis), on attaque en justice le fonds de pension Bain capital qui était majoritaire dans le capital de Samsonite à l’époque de la cession”, a-t-elle énuméré.

Cette femme qui a commencé à travailler à 14 ans perçoit “une allocation équivalente retraite”. Mais “ça nous tient à coeur de nous battre, dit-elle, parce qu’on a quand même pas mal d’anciens salariés qui ne s’en sortent plus. Il y a une personne SDF et plusieurs au RSA (revenu de solidarité active)”, a-t-elle dit. “On compte quand même une petite cinquantaine de salariés qui ont retrouvé des CDI par eux-mêmes”, a-t-elle précisé. Etait également présent aux côtés des “ex-Samsonite” le maire de Rouvroy, Jean Haja.

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