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Melissa Farman : « Lorsque l’on choisit d’être acteur, on choisit aussi d’être rêveur »

Melissa Farman, une jeune actrice franco-américaine de 19 ans, interprétait cette semaine le rôle de Danielle Rousseau, jeune, dans le 4ème épisode de la série Lost (5ème saison). Entretien avec une jeune femme « qui se donne à fond dans  tout ce qu’elle fait. »

Melissa Farman a beau dire qu’être actrice c’est savoir rêver, elle est bien consciente que la gloire ne tombe pas du ciel. Cette jeune Franco-Américaine de 19 ans, qui est née aux États-Unis et a grandi en France, est retournée dans son pays d’origine en septembre 2007 pour une année sabbatique. Repérée par un producteur américain lors d’un de ses cours de théâtre à Los Angeles, l’actrice a depuis tourné pour les séries Lost et Cold Case et dans un film de la chaîne américaine HBO, Temple Grandin.

Vous êtes montée sur les planches à l’âge de dix ans, comment vous est venue cette passion ?

Quand j’étais enfant, je passais mon temps à me déguiser et à jouer des personnages fictifs. À dix ans, ma mère m’a inscrite dans un atelier de théâtre pour adultes bilingue. J’étais la seule enfant de la troupe et la seule non professionnelle. Mes parents m’ont toujours interdit de passer des auditions avant le bac ; ils voulaient que j’aie une enfance normale et ne souhaitaient pas que le théâtre prenne le pas sur toute ma vie. Pendant mes années de collège et de lycée, j’ai dû jongler entre les cours et le théâtre. Aujourd’hui encore, je mène de front mes études de sciences politiques et ma carrière d’actrice. Le théâtre reste une passion qui me permet d’enrichir ma personnalité. Ma vie s’est toujours composée des deux.

Depuis août dernier, vous avez enchaîné les tournages : Lost à Hawaï, Temple Grandin au Texas et un épisode de Cold Case à Los Angeles. Malgré cela, vous poursuivez vos études.

Oui, mes professeurs de USC (University of South California) ont été très compréhensifs. Ils m’ont soutenue dans ce que je faisais et m’ont permis de rattraper les cours que je manquais en rendant davantage de papiers écrits que les autres élèves. Cela m’a valu pas mal de nuits blanches ! Je travaille beaucoup mais je me suis toujours donnée à fond dans ce que je faisais.

Vous avez suivi des cours de théâtre en France et aux États-Unis. Avez-vous constaté des différences dans la manière d’appréhender la scène ?

Non, je n’ai jamais distingué les méthodes d’apprentissage du théâtre. Je pense que la scène est bien plus une expérience individuelle que culturelle. Chacun aborde les pièces selon son empathie et sa propre sensibilité. En France, mes professeurs venaient de tous les pays et j’attribuais leur manière de donner leur cours à leur parcours professionnel plutôt qu’au pays dont ils venaient.

Et dans quelle langue préférez-vous jouer ?

Depuis que je suis arrivée aux États-Unis, j’ai l’impression de perdre un peu mon français. Si aujourd’hui je devais faire un tournage en français, je pense que je serais confrontée à un petit barrage linguistique pendant quelques semaines, le temps que je retrouve mes repères. À l’inverse lorsque j’étais à Paris, je parlais davantage français et cela m’était plus difficile de jouer en anglais.

Pourquoi êtes-vous venue aux États-Unis après votre bac ?

J’ai toujours eu un pied dans les deux pays et je trouvais que le système éducatif américain m’offrait plus de choix. Après mon bac, j’ai été admise à l’université de Pennsylvanie, mais j’ai décidé de prendre une année de césure avant d’entamer mes études. Je suis partie à Los Angeles, où j’ai suivi des cours d’écriture de scénarios et des cours de théâtre. Fin août 2008, au moment où je devais entrer à l’université de Pennsylvanie, je me suis fait repérer par un manager. Il m’a convaincue de rester.

Est-il plus aisé pour un acteur de se lancer aux États-Unis qu’en France ?

Je ne sais pas. J’ai des amis en France qui font du théâtre et qui s’en sortent aussi. Pour le moment, les choses marchent pour moi ici aux États-Unis. Mais le travail d’acteur est difficile quel que soit l’endroit où l’on va. Et les circonstances économiques ne jouent pas en notre faveur. Lorsque l’on choisit d’être acteur, on choisit aussi d’être rêveur. Rien ne nous fera perdre notre sensibilité à fleur de peau Mais la réalité est plus dure : un artiste aura toujours moins de stabilité qu’un médecin ou un fonctionnaire. Être acteur est un sacrifice.

Pour quel réalisateur américain aimeriez-vous particulièrement jouer ?

Sofia Coppola, parce que c’est une réalisatrice qui a un style bien à elle. Le lyrisme de sa cinématographie sait souligner les histoires très spécifiques qu’elle choisit. Les personnages de ses films sont d’une grande complexité : leur caractère est davantage sous-jacent qu’apparent, ce qui permet au spectateur de découvrir les personnages petit à petit, au fil du film.

Et en France ?

Cédric Klapisch. C’est tout simplement mon réalisateur préféré !

 

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