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Méthodes pour contrer la marée noire : du couvercle “plus petit” aux ballots de foin

Le géant pétrolier BP et les autorités américaines étaient désespérément en quête lundi de solutions pour stopper l’hémorragie de brut dans le golfe du Mexique, n’excluant plus certaines méthodes farfelues après l’échec de la pose d’un vaste “couvercle”.

La compagnie va descendre dans les jours qui viennent un nouveau “couvercle”, plus petit que celui qui a dû être retiré samedi, sur la fuite de pétrole qui se répand au rythme de 800.000 litres par jour au fond du golfe.

BP avait placé tous ses espoirs dans la pose vendredi de cette sorte d’entonnoir d’acier mesurant 12 mètres de haut et pesant une centaine de tonnes, afin de récupérer le pétrole qui s’échappe de son puits à 80 km des côtes de Louisiane (sud des Etats-Unis). Mais le groupe a été contraint samedi de retirer cette chape en raison de la présence de cristaux qui se sont formés sous l’effet du gaz et de l’eau.

Le nouveau couvercle pourrait être installé au-dessus de la fuite principale, à quelque 1.500 m de profondeur, “dans les 72 heures”, a déclaré lundi après-midi le directeur général de BP, Tony Hayward.

Il s’agit d’un “système beaucoup plus petit”, a expliqué Doug Suttles, directeur d’exploitation de BP, lors d’un point de presse à Robert (Louisiane). Pour éviter la formation de cristaux, de l’eau chaude sera injectée à l’intérieur, ainsi que du méthanol qui “bloque la formation d’hydrates”.

Mais, a souligné Tony Hayward, la petite taille du nouveau couvercle (1,5 mètre de haut pour 1,2 mètre de diamètre et deux tonnes) signifie qu’il “sera moins efficace” pour contenir le pétrole.

BP, exploitant de la plateforme dont le naufrage le 22 avril a provoqué la catastrophe, craint de devoir assumer un désastre écologique plus important que prévu si tous ses efforts pour stopper l’écoulement de brut échouent. Le groupe britannique a annoncé lundi que la marée noire lui avait déjà coûté 350 millions de dollars. La somme pourrait s’évaluer au final en milliards. Du coup, BP envisage d’autres solutions plus étonnantes et va jusqu’à solliciter les idées de M. Toulemonde sur le site Deepwater Horizon Response et via un numéro vert (281 366-5511).

L’amiral Thad Allen, responsable des garde-côtes et chargé de coordonner les opérations par l’administration américaine, a ainsi annoncé que BP prévoyait “d’injecter sous très haute pression un tas de débris, des morceaux de pneus, des balles de golf et d’autres choses du même genre pour stopper la fuite”. M. Suttles a confirmé lundi que cette méthode insolite qu’il a présentée comme une “injection de cochonneries” était envisagée, mais qu’il faudrait deux semaines pour pouvoir la mettre en oeuvre.

BP a aussi entrepris de créer un puits de secours pour boucher définitivement le puits principal mais les forages vont prendre près de trois mois. Le groupe a aussi commencé lundi, pour la première fois, à injecter des produits chimiques dispersants directement à l’endroit de la fuite.

Ces solutions expérimentales pourraient aussi se révéler dramatiques, des experts ayant mis en garde contre la possibilité d’endommager la structure à la sortie du puits, ce qui risquerait de multiplier la fuite par douze.

Le président américain Barack Obama devait se réunir lundi avec des membres de son administration pour examiner les efforts en cours. Une association (www.matteroftrust.org) a eu l’idée de récupérer des cheveux aux quatre coins des Etats-Unis pour remplir des bas qui seront utilisés comme éponges à pétrole. Quant à la police de Floride, elle suggère d’utiliser des ballots de paille pour protéger les plages.

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