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Michael Chang : « Dieu m’a donné la force de terminer le match »

Il y a vingt ans, l’Américain Michael Chang battait, lors d’un match épique, Ivan Lendl en 1/8 de finale du tournoi de Roland Garros, qu’il allait ensuite remporter. Alors que la 1ère semaine des Internationaux de France de tennis se termine à Paris, Michael Chang revient pour France-Amérique sur sa victoire, l’impact de Dieu sur sa vie et sa relation difficile avec le public de Roland Garros.

C’était en 1989. Alors qu’il avait à peine 17 ans, Michael Chang remportait Roland Garros après avoir littéralement écœuré le numéro un de l’époque, le Tchèque Ivan Lendl, lors d’un 1/8 de finale épique. Epuisé, en proie à des crampes dans le 5e set, Michael Chang avait poussé Lendl à faire une double faute sur une balle de match en s’avançant quasiment jusqu’à mi-terrain lors du deuxième service de son adversaire. Après sa victoire 4–6, 4–6, 6–3, 6–3, 6–3 en 4 heures et 37 minutes, le joueur de tennis américain avait poursuivi sa route et avait battu le champion suédois Stefan Edberg en 5 sets : 6–1, 3–6, 4–6, 6–4, 6–2.

Il y a 20 ans, vous gagniez Roland Garros après avoir vaincu Ivan Lendl, lors d’un quatrième tour mémorable. Vous avez récemment déclaré au Los Angeles Times que vous aviez failli abandonner cette partie. Qu’est-ce qui vous a incité à continuer ?

J’ai ressenti une conviction de Dieu qui m’a fait comprendre que je ne devais pas abandonner. Que je gagne ou perde ce match importait peu finalement. Mais il fallait que je termine ce que j’avais commencé. Et Dieu m’a donné la force de terminer le match.

Qu’est-ce qui vous appris la persévérance ?

L’adversité, les épreuves et les échecs vous poussent à persévérer tant que vous choisissez de les mettre à profit.

Vous parlez souvent de Dieu et de la religion. Avez-vous toujours été croyant ou votre incroyable victoire à Roland Garros a-t-elle renforcé vos convictions religieuses ?
Non, j’ai toujours eu des convictions religieuses. Quand vous voyez l’impact de Dieu sur votre vie, il est facile de croire. Je suis en revanche devenu chrétien avant de disputer Roland Garros cette année-là.

Vous mentionnez également l’impact sur vous des événements de la place Tian’anmen cette année-là à Pékin. La situation politique en Chine a-t-elle été votre moteur sur le court ?
Ces événements m’ont donné du courage pour faire de mon mieux à Roland-Garros. Mais à cette époque, je ne pensais vraiment pas que je pourrais gagner le tournoi.

Quelle fut la réaction d’Ivan Lendl à l’issue de votre match ?
Je n’ai pas parlé à Ivan juste après le match. Mais nous nous sommes vus une semaine plus tard. Il m’a félicité et il s’est comporté avec toute la classe du grand champion qu’il était à l’époque.




20 ans plus tard, quels changements observez-vous dans le tennis actuel ?

Je pense que les joueurs sont aujourd’hui beaucoup plus puissants, plus athlétiques et plus rapides. C’est dû en partie au fait que certains joueurs sont de meilleurs athlètes que nous l’étions à l’époque. Mais la technologie et les nouveaux équipements ont aussi eu un impact sur le tennis. La seule chose qui n’a pas changé est la volonté des joueurs de se dépasser et de vaincre.

Êtes-vous plutôt Nadal ou Federer ?

Je m’identifierais plutôt à Rafael Nadal à cause de son style de jeu, de sa détermination et de sa volonté de vaincre à tout prix.

Comment expliquez-vous les récentes difficultés de Roger Federer ?

Ce que Roger Federer a accompli ces 7 dernières années est phénoménal. Mais il est impossible de garder le même niveau indéfiniment.

Quelle est votre relation avec la France ?
J’ai une très bonne relation avec les Français aujourd’hui et j’en suis très fier. Ça n’a pas toujours été le cas, mais j’ai réalisé qu’il faut souvent tenter de comprendre l’autre pour qu’il puisse vous comprendre. Il ne faut pas toujours se fier à la première impression.

Le public de Roland Garros peut être très difficile. À l’époque, il préférait nettement le style offensif d’un Stefan Edberg au vôtre. Comment avez-vous géré cette pression extérieure ?
C’est vrai que le public français peut être très difficile et il ne cache pas ses préférences. Le fait que le public soutienne tel ou tel joueur n’est pas un problème pour moi. C’est naturel. Les gens soutiendront plus volontiers l’un de leurs concitoyens ou un joueur avec lequel ils s’identifient. À l’époque, Stefan Edberg était toujours très apprécié, où qu’il aille.

Retournez-vous souvent à Roland Garros ?
Non, je n’y suis pas retourné depuis mon dernier match sur le central. C’était en 2003 contre Fabrice Santoro.

Aujourd’hui, vous vous occupez de la Chang Family Foundation, la fondation de votre famille. Quel est votre but ?

Notre but est simple : il s’agit d’avoir un impact sur la vie des gens grâce au sport. Et surtout de les introduire à l’amour de Jésus Christ. Nous nous occupons de plusieurs ligues dans divers sports tels que le tennis, le basket-ball et le volley-ball. Je parle aussi dans des universités, des conférences et des églises.

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