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Michael Moore prône l’éradication du capitalisme

« Le capitalisme, c’est le mal et l’on ne réforme pas le mal, on l’éradique pour le remplacer par le bien pour tous : la démocratie », lance Michael Moore dans Capitalism: a love story, son dernier brûlot sur la crise économique aux États-Unis, ovationné à la 66e Mostra.

Lundi, Hugo Chavez pourrait accompagner sur le tapis rouge l’Américain Oliver Stone, qui prône la « révolution pacifiste » du président vénézuélien dans son documentaire South of the border. Si l’entourage du chef d’État ne confirme jamais ses visites privées pour des raisons de sécurité, quelques militaires vénézuéliens étaient déjà présents sur le Lido.

Mais dimanche, les projecteurs étaient braqués sur l’auteur de Bowling for Columbine, Oscar du meilleur documentaire en 2003 et de Fahrenheit 9/11, Palme d’or en 2004. Vingt ans après avoir filmé les ravages causés dans sa ville de Flint (Michigan) par des licenciements massifs chez General Motors (Roger et moi), Moore constate que « bien des villes aux États-Unis » sont aussi mal en point.

« Mon film est pertinent aussi en Europe et dans le reste du monde, qui souffre des conséquences de la déroute économique née à Wall Street », a lancé Moore, éternelle casquette vissée sur la tête, lors d’une conférence de presse.

« On peut se révolter d’une bonne façon, sans violence, comme aux États-Unis en novembre dernier, » a affirmé Moore, faisant référence à l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis.

« Je suis constamment surpris par la capacité des gens dans le monde entier à provoquer des changements, » a-t-il dit, citant la chute du mur de Berlin et la carrière politique de Nelson Mandela à la tête de l’Afrique du Sud.

Enfants à la rue, familles ou retraités ruinés émaillent Capitalism: a love story, en lice pour le Lion d’or : la grave crise actuelle frappe de plein fouet les Américains modestes, dont cet « activiste politique » s’est fait le porte-parole.

Elle est liée, dit le film, à la collusion entre les grandes banques d’affaires et l’administration de l’ex-président George W. Bush, mais aussi à un travail de sape antérieur nommé « dérégulation », qui a permis à Wall Street de se transformer en « vrai casino où l’on peut parier sur n’importe quoi ».

Quant au plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars adopté cet automne aux frais du contribuable américain, c’est un « coup d’État financier », estime Moore.

Dans une irrésistible séquence, le documentariste barre la luxueuse entrée d’une grande banque avec un ruban jaune portant la mention « scène de crime – ne pas franchir ».

Alors, pourquoi la majorité ne se rebelle-t-elle pas ? C’est qu’elle croit pouvoir s’enrichir un jour, dit Michael Moore sur d’hilarantes images d’un petit chien qui saute désespérément en l’air pour atteindre un petit bout de gâteau, posé sur une table.

Maniant habilement, comme à son habitude, interviews sauvages, images choc, ironie dévastatrice et commentaires à l’emporte-pièce, Michael Moore donne en vrac quelques exemples des excès du capitalisme à l’américaine.

Des compagnies aériennes sous-paient leurs pilotes au point que ceux-ci doivent prendre un deuxième emploi pour vivre, des promoteurs rachètent pour rien mais revendent au prix fort les maisons saisies par les banques.

Et de grandes entreprises comme Bank of America, Citibank ou AT&T contractent des polices d’assurances pour leurs employés qui leur permettent, lorsque ceux-ci décèdent, de toucher un pactole.

Dimanche, la Française Claire Denis a dévoilé de son côté White material co-écrit par l’écrivain Marie Ndiaye, avec Isabelle Huppert.

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