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Michel Houellebecq au supermarché

“C’est pas mal un supermarché, je m’y sens à l’aise. Et c’est bien d’acheter son escalope en même temps que le dernier Houellebecq !”, sourit le Goncourt 2010, invité vendredi de l’hypermarché Casino qui figure dans son roman “La carte et le territoire”.

L’hypermarché, situé boulevard Vincent Auriol dans le 13e arrondissement de Paris, accueille aussi une petite exposition photo, “Le 13e de Michel Houellebecq”. Dans son dernier roman, lauréat du prestigieux prix Goncourt en novembre, l’un des personnages principaux du livre, Jed Martin, qui habite cet arrondissement entre Seine et Place d’Italie, décrit ce supermarché comme “le seul centre d’énergie perceptible, la seule proposition sociale susceptible de provoquer le désir, le bonheur, la joie”…

“A chaque fois que je viens à Paris, je descends à l’hôtel dans le 13e. J’aime ce quartier. Et puis, je suis définitivement classe moyenne, je n’ai pas envie de loger à Saint-Germain-des-Prés”, dit Michel Houellebecq, assis à une table sur un petit podium installé par la radio Le Mouv’ (Radio France), derrière les caisses du supermarché. Des dizaines de badauds passant par hasard et des clients curieux venus faire leurs courses se mêlent à une petite foule d’admirateurs qui sont là pour entendre l’écrivain.

Commentant son dernier livre, Michel Houellebecq raconte : “quand je me mets en scène, comme dans ‘La carte et le teritoire’, j’exagère les clichés qui courent sur moi mais il y a du vrai. Par exemple, j’adore la charcuterie, j’adore le gras. Et je suis culpabilisé quand j’en mange ! C’est comme pour les cigarettes”, s’amuse l’auteur des “Particules élémentaires”. “Ce que j’adore aussi, ce sont les sujets sociologiques, comme la réappropriation des zones rurales en France grâce au travail sur internet. C’est pourquoi je pense que le mouvement d’urbanisation touche à sa fin et que j’ai une vision un peu plus optimiste dans mon dernier roman”, poursuit-il.

Néanmoins, il souligne, plus sombre : “chaque jour, je crois un peu moins à la liberté. Le soupçon nous vient à un certain âge qu’on va retomber dans les mêmes ornières que ses parents”, dit-il, ajoutant : “l’élément principal, dans mon dernier livre, c’est la relation entre Jed et son père. Cette relation traverse tout le roman”.

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