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Michelin dans la course au pneu anti-gaspi

Un pneu pour polluer moins. L’idée est tendance chez des fabricants de pneumatiques qui rivalisent actuellement d’initiatives pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette bataille commerciale et médiatique, Michelin revendique une certaine avance sur ses concurrents. « Nous avons lancé notre premier «pneu vert» en 1992, année du sommet de la terre à Rio de Janeiro », explique Jacques Toraille, responsable du développement durable chez Michelin à Paris. « Aujourd’hui , les clients sont de plus en plus sensibles à l’impact écologique de leurs pneumatiques. »

Michelin et ses concurrents concentrent leurs efforts écologiques sur une caractéristique technique de leur produit qui s’appelle la résistance au roulement. « Le matériau en caoutchouc se déforme au contact avec le sol », explique Jacques Toraille. « Le pneu va chauffer et cette résistance au roulement absorbe l’énergie du moteur. Jusqu’à 20% du carburant d’une voiture est consommé par le pneu. » Michelin a modifié certains composants chimiques du pneumatique pour réduire cette résistance au roulement. Aujourd’hui, le pneu vert représente 50% de sa production malgré son surcoût de 7 à 8% par rapport aux pneumatiques traditionnels.

Le manufacturier français a récemment équipé les Peugeot 308 de ses pneumatiques Energy Saver. Cette quatrième génération de pneus verts lancée en septembre 2007 et qui n’est pas encore disponible sur le marché nord-américain, permet une réduction de la résistance au roulement de 20%. Pour Peugeot, les gains ne sont pas négligeables. D’ici 2012, les voitures commercialisées dans l’Union européenne (UE) seront soumises à des normes de la Commission européenne. Elles devront rejeter en moyenne 130 grammes par kilomètre de CO2. « Aujourd’hui, les constructeurs automobiles cherchent à proposer des véhicules qui polluent moins », poursuit Jacques Toraille. « Lorsqu’un pneu leur permet d’émettre 4 à 5 grammes de moins de CO2 par kilomètre, le progrès est considérable. »

La concurrence est vive sur le marché du pneu vert. Goodyear se prépare à lancer en 2009 en collaboration avec BMW et la société italienne Novamont le bioTYRE. Ce pneumatique composé notamment d’amidon de maïs qui devrait permettre de réduire la résistance au roulement de 30% et les émissions de gaz carbonique de 8 grammes par kilomètre. La compagnie italienne Pirelli annonce pour sa part son intention de relancer en 2010 sa gamme de pneus « Cinturato » qui permettra un réduction de la consommation de carburant de 4%.

Certains tests ont montré que les pneus verts peuvent être moins performants que les pneus traditionnels sur une chaussée mouillée. « Les tests TÜV (ndlr, norme allemande) auxquels nous avons procédé montrent que nos Energy Saver sont même plus efficaces que les pneumatiques traditionnels », affirme Jacques Toraille.

Chez Michelin, on se défend parallèlement de faire du « greenwashing ». « Nous avons lancé nos pneus verts en 1992 bien avant cet intérêt pour les énergies renouvelables », assure Jacques Toraille. « On peut parler de cercle vertueux. Le développement durable ne fonctionnera que si les entreprises qui innovent gagnent de l’argent avec leurs produits verts. »

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