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Mobilisation en retrait, mais les syndicats n’entendent pas baisser les bras

Moins de manifestants dans la rue, moins de grévistes : la nouvelle journée de mobilisation jeudi contre la réforme des retraites, adoptée par le parlement, marque un net repli, mais les syndicats refusent de baisser les bras même si la loi est promulguée par Nicolas Sarkozy.

Cette septième journée de mobilisation depuis la rentrée et la plus faible, organisée en pleines vacances scolaires, a rassemblé 560.000 manifestants, selon le ministère de l’Intérieur, deux fois moins que le 19 octobre (1,1 million). La CGT a compté près de deux millions (contre 3,5). A Paris, le défilé a rassemblé deux fois moins de monde (31.000 selon la police, 170.000 selon la CGT, contre 67.000 et 330.000). Les quelque 268 cortèges des autres cités étaient aussi moins fournis : entre 15.000 et 120.000 à Toulouse, entre 7.300 et 25.000 à Clermont-Ferrand, avec une présence réduite des lycéens et enseignants. Le numéro un de la CGT Bernard Thibault se veut toutefois optimiste et trouve “impressionnant” des manifestations d’une “aussi grande ampleur” alors que la loi est  votée.Les syndicats avaient un “message” : demander au président de la République de “ne pas promulguer” la loi. Sans grand espoir toutefois compte tenu de l’intransigeance de l’exécutif qui est resté ferme sur les mesures phare du projet : recul du départ à la retraite à 62 ans et à 67 ans sans décote. La promulgation devra attendre la décision du Conseil Constitutionnel que le PS a décidé de saisir mardi prochain.

Relevant “un ralentissement significatif de la mobilisation”, le ministre du Travail, Eric Woerth, espère “une sortie de crise dans les jours ou les semaines qui viennent”. “La loi ne mettra pas fin au processus revendicatif”, rétorque le leader cégétiste, qui appelle à “poursuivre la mobilisation”, alors qu’un nouveau rendez-vous est fixé le 6 novembre. “Ce n’est pas parce qu’une loi est promulguée, qu’elle devient juste”, “nous continuerons à tout faire pour qu’elle soit réformée”, renchérit son homologue de la CFDT, François Chérèque. Pour Jean-Claude Mailly, leader de FO, “un esprit de résistance s’est installé”. Le gouvernement n’a “pas fini avec la colère sociale”, prévient Annick Coupé de Solidaires. “La page n’est pas tournée”, affirme le président de la CFE-CGC, Bernard Van Crayenest. Les centrales syndicales estiment avoir remporté la bataille de l’opinion, alors que deux Français sur trois (65%) continuent de soutenir la mobilisation, selon CSA (sept points de moins toutefois que le 19 octobre).

A l’Elysée, on prépare déjà l’après-crise : Nicolas Sarkozy a prévenu, lors d’un petit-déjeuner de la majorité jeudi, qu’il ne “fallait pas agresser les syndicats” et éviter les “mots qui blessent”, a rapporté un responsable de l’UMP. Dans la rue, si les défilés étaient plus clairsemés, les slogans restaient toniques : “C’est la septième manifestation, on est toujours là, et à la 25e, on sera toujours là!”. “Ce que fait un parlement, la rue peut le défaire”, entendait-on à Marseille. “On ne veut pas lâcher, une loi, ça s’abroge”. D’autres se sont lancés dans des actions sporadiques : site PSA Peugeot à Vesoul bloqué, barrages filtrants dans plusieurs régions, coupures d’électricité (Bercy, Medef à Troyes). Mais, après deux mois de contestation, les grèves s’essoufflent : 16% de grévistes, selon la direction et 26,5% selon la CGT à la SNCF. Fer de lance du combat, les salariés des raffineries – 6 sur 12 toujours en grève totale ou partielle- étaient amers : “C’est dur de voir des collègues qui nous lâchent”, confie un gréviste de Total. Mais l’approvisionnement en brut demeure problématique du fait de la grève sur des terminaux pétroliers et une station-service sur cinq reste privée de carburants.

 

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