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Mobilisation record des Français pour sauver la retraite

La mobilisation contre la réforme des retraites, la quatrième en un mois, a atteint un record de participation mardi avec l’entrée en scène des jeunes, tandis que des grèves appelées à se poursuivre touchaient des secteurs clés comme les raffineries.

La CGT de Bernard Thibault a revendiqué “des niveaux de participation inégalés”. “Ce n’est pas un baroud d’honneur, la mobilisation monte d’un cran”, selon le président de la CFTC, Jacques Voisin.

CGT et CFDT ont avancé le chiffre de 3,5 millions de manifestants, tandis que le ministère de l’Intérieur a évalué l’affluence à 1,23 million, battant le record absolu de la manifestation “anti-crise” de mars 2009, qui avait rassemblé 3 millions de personnes selon les syndicats, et 1,2 million selon la police. “Gouvernement et Parlement ont une lourde responsabilité: ils ne peuvent ignorer les manifestations”, a mis en garde la CFDT de François Chérèque. “Votre position est intenable”, “vous ne pouvez rester sur cette position intransigeante”, a lancé M. Thibault à l’adresse du gouvernement.

Le Premier ministre François Fillon a, lui, opposé une fin de non-recevoir: “nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme”, a-t-il répété excluant de nouvelles “concessions” alors que le Sénat a déjà voté les deux mesures phare de la réforme: recul à 62 ans de l’âge légal, à 67 ans de l’âge de la retraite sans décote. La numéro un du PS Martine Aubry a dénoncé l'”entêtement” du gouvernement “qui ne mène nulle part, sauf à des risques d’affrontement”.

Des milliers de lycéens et étudiants ont rejoint bruyamment les cortèges à Paris comme en province. “Sarko, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue”, scandaient à Toulouse des centaines de jeunes. 357 lycées sur 4 302 en France, ont été touchés, voire bloqués par la contestation, selon le ministère de l’Education.

La présence des jeunes – qui ravive le souvenir de la mobilisation de 2006 contre le CPE- inquiète le gouvernement. François Fillon a qualifié d'”irresponsable” la “tentation de l’extrême gauche et d’une partie du PS” de “mettre des jeunes de 15 ans dans la rue”. L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal a d’ailleurs appelé mardi soir les jeunes à “descendre dans la rue mais de façon très pacifique”, alors que François Fillon a accusé l’opposition d’être “irresponsable” en mettant “des jeunes de 15 ans dans la rue”.

A Paris, les deux cortèges parisiens – entre Montparnasse et La Bastille – ont vu défiler quelque 330 000 manifestant selon l’intersyndicale, 89 000 selon la police. Un record là aussi. Des participations en hausse, parfois jamais atteintes auparavant, ont été relevées dans de villes comme Rennes, Nantes, Rouen, Lyon, Grenoble, ou encore Caen, Le Mans, Nancy, Poitiers, Tarbes.

Entre 30 000 et 145 000 personnes ont défilé à Toulouse, où l’intersyndicale a prévu une nouvelle journée d’action jeudi, avant celle programmée au niveau national samedi. “C’est une manifestation importante”, “conforme à la grandeur de cette réforme”, a commenté le ministre du Travail Eric Woerth. La grève a été forte dans deux secteurs stratégiques: la SNCF et le pétrole. Onze des douze raffineries en métropole étaient touchées par des grèves. La SNCF a recensé 40,4% de grévistes (+3 points que le 23 septembre), et la CGT 53,75%, en hausse de près de cinq points.

Même la tour Eiffel a dû fermer à cause de la grève d’une partie du personnel. Pour la première fois, la poursuite des arrêts de travail est à l’ordre du jour. A la RATP, des assemblées générales ont largement reconduit la grève pour mercredi, selon la CGT. Mais le mouvement a été peu suivi mardi, avec en moyenne trois rames sur quatre en circulation.

Les cheminots devant se réunir mercredi pour parler des suites, la SNCF prévoit des perturbations du trafic identiques à celles de mardi. Des assemblées générales de grévistes auront lieu mercredi dans quasiment toutes les raffineries alors que la CGT du groupe Total, majoritaire, a appelé à la grève reconductible. Elle a déjà été votée dans les terminaux pétroliers du Havre.

M. Thibault affirmé que s’il devait participer à une assemblée générale à la SNCF mercredi, il voterait “la grève reconductible”. Alors que des derniers sondages révèlent l’appui de 69% de la population au mouvement, les syndicats ont programmé une nouvelle journée de protestation samedi que Bernadette Groison (numéro un de la FSU) prédit encore plus large.

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