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Mondiaux de Judo 2009: Ribout, à la Riner

Sans complexe, sans calcul, sans état d’âme, à la manière d’un Teddy Riner des débuts, Morgane Ribout a éliminé les favorites pour remporter l’or des -57kg dès sa première participation à des Championnats du monde, jeudi à Rotterdam.

“J’ai compris que j’étais championne du monde lorsque j’ai serré ma coach Cathy Fleury dans mes bras… En fait non, je ne réalise pas encore”, a avoué la jeune femme de 21 ans. Et pour cause! En cinq combats, Ribout s’est offert une vice-championne olympique (la Néerlandaise Deborah Gravenstijn), une championne du monde (la Cubaine Yurisleidis Lupetey) et en finale une triple championne d’Europe et vice-championne du monde (la Portugaise Telma Monteiro), plus deux autres adversaires bien mieux classées dans des bilans mondiaux qu’elle-même ne fréquente que depuis quelques mois. Et le tout sans la moindre pression apparente. “En affrontant Monteiro, j’ai repensé à ma défaite contre elle en quarts de finale de l’Euro, forcément. Mais j’ai essayé d’aborder cette finale comme un autre match et j’ai réussi”, a-t-elle raconté.

Après cinq minutes d’un combat très physique, munie depuis la mi-parcours du plus léger des avantages (yuko), Ribout s’est imposée à la rage face à Monteiro, montée de catégorie depuis sa médaille d’argent de Rio de Janeiro. “Je n’ai rien voulu lâcher. Je regardais le tableau, plus que 50 secondes, 40… C’était les secondes les plus longues de ma vie”, a repris Ribout qui, quelques minutes auparavant en demi-finale, avait humilié la co-favorite japonaise Kaori Matsumoto avec un ippon après 42 secondes de combat.

 

Harel plus que détrônée

Comme Teddy Riner il y a deux ans à Rio, Ribout s’impose donc dès sa première participation à des Mondiaux, quatre mois après avoir décroché une médaille, le bronze, pour son premier Euro, à Tbilissi – Riner avait lui remporté l’or européen avant son titre mondial.

Surdouée, la benjamine de l’équipe de France n’a pas étonné les entraîneurs qui, au vu de son début de saison, lui avaient confié les clés d’une catégorie dont Barbara Harel, qu’elle a battue deux fois cette saison, notamment en demi-finale à Bercy, était la taulière depuis près de 10 ans. “Avec Morgane, au moins on ne sera pas déçu sur le plan de l’engagement” avait ainsi pronostiqué mercredi René Rambier, directeur technique du haut niveau, au terme d’une première journée marquée par les déceptions côté français, malgré le bronze de Jossinet.

Jeudi, Ribout a sauvé une journée tricolore bien mal engagée dès le matin avec la sortie sans gloire d’Audrey La Rizza, battue au deuxième tour des -52kg, et la défaite plus honorable de Gilles Bonhomme au 3e tour des -73kg.

Son titre confirme la solidité d’une équipe de France féminine qui compte encore, avec Gevrise Emane (-63kg), Lucie Decosse (-70kg) et Céline Lebrun (-78kg), trois atouts maîtres à faire valoir à Rotterdam.

 

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