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Mort à Paris du réalisateur franco-chilien Raoul Ruiz

Le cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz est décédé vendredi matin à l’âge de 70 ans, à Paris, des suites d’une infection pulmonaire, a annoncé son producteur François Margolin.

“C’était non seulement un ami mais un des plus grands cinéastes vivants, qui avait une oeuvre considérable, qui restera avec évidence dans l’histoire du cinéma”, a-t-il déclaré.

L’an dernier, le réalisateur avait reçu le prix Louis-Delluc, souvent présenté comme le “Goncourt du cinéma”, pour son film fleuve (4h26) “Mystères de Lisbonne”, centré sur la vie de l’aristocratie lusitanienne.

Né le 25 juillet 1941 au Chili, le réalisateur, qui s’était exilé en France à l’avènement de la dictature dans son pays en 1973, avait tourné plusieurs dizaines de films lors d’une carrière où l’artiste était toujours resté engagé.

Cet amoureux de littérature avait étudié le droit et la théologie avant d’écrire de nombreuses pièces de théâtre. Il présente son premier long métrage “Tres tigres tristes”, l’histoire croisée de trois personnages à Santiago, au festival de Locarno en 1969.

Cette année là, il épouse sa collaboratrice et compatriote Valeria Sarmento, monteuse sur beaucoup de ses films.

“Il était en train de finir le montage d’un film qu’il avait tourné sur son enfance au Chili. Et par ailleurs, il préparait un autre film au Portugal sur une bataille napoléonienne célèbre. Il devait y avoir Melvil Poupaud”, a précisé son producteur.

“C’était une personne venue d’une autre époque, qui connaissait tout sur tout, d’une culture immense à tous points de vue, et qui était à cheval entre deux pays, le Chili et la France. Il aimait le mélange de ces diverses cultures. Il a fait des films dans différents pays du monde. C’était sans doute un des plus grands esprits, même au-delà du cinéma, de l’époque actuelle”, a-t-il ajouté.

Son oeuvre foisonnante et innovante sur le plan formel est à la fois intellectuelle, onirique avec une influence nette des romanciers d’Amérique latine comme Gabriel Garcia Marquez ou Jorge Borges, et ludique.

Il avait notamment tourné “Trois vies et une seule mort” en 1995, l’un des derniers rôles de Marcello Mastroianni qui y interpète un personnage aux multiples personnalités. Sélectionné à Cannes, le film contribua à le faire connaître sur la scène internationale.

Ruiz a révèlé le comédien Melvil Poupaud, en lui offrant son tout premier rôle au cinéma dans “La ville des pirates” (1984) avant de lui offrir des rôles dans une dizaine de films, parmi lesquels “Dans un miroir” (1986) ou “Généalogies d’un crime (1997).

Le cinéaste a également signé plusieurs adaptations de romans dont “Le temps retrouvé” en 1998, d’après Marcel Proust, avec Catherine Deneuve dans le rôle d’Odette et John Malkovich en baron de Charlus, puis “La maison Nucingen” d’après Balzac, avec Elsa Zylberstein.

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