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Mort de l’humoriste Sim à Saint-Raphaël

Le comédien et humoriste Sim, de son vrai nom Simon Berryer, est décédé tôt dimanche matin d’une embolie, à Saint-Raphaël (Var), à l’âge de 83 ans. Personnalité du théâtre et de la télévision depuis ses débuts dans les années 60 au côté de Jean Nohain, Sim a tourné de nombreux films dont Cartouche de Philippe de Broca, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais elle cause de Michel Audiard, Les Mariés de l’an II de Jean-Paul Rappeneau, Pinot simple flic de Gérard Jugnot, et récemment Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques de Thomas Langmann.

« L’erreur est humaine, regardez-moi » : Sim se moquait lui-même de sa « petite tronche » si douée pour les grimaces, de son « physique peu conventionnel, spécial, mobile » qu’il avait mis au service d’un humour très visuel et populaire.

« Moi, pour faire rire, j’ai choisi de taper sur ma gueule », expliquait dans un doux sourire le fantaisiste à la petite silhouette maigrichonne et au crâne dégarni. « Je me suis inventé moi-même. Je me tape dessus tout le temps ».

Sim affirmait que sa vocation de comique remontait à l’enfance. « Je me suis vite aperçu qu’amuser les gens donne un certain pouvoir. Enfant, j’avais l’impression d’être le patron quand je faisais rire. C’est comme ça que j’ai décidé de devenir un comique. Je voulais être sur une estrade, avoir ce pouvoir magique ».

Faire le clown sera aussi une manière de séduire les filles pour le comédien, conscient de ne pas être « physiquement, le mec sur lequel les femmes se jettent sans réfléchir ». « Il a fallu pallier une carence », reconnaît-il, lucide.

Alors qu’il exerce toutes sortes de métiers, il s’aperçoit que son physique pourrait servir sa vocation. « J’ai touché à tout : au porte-à-porte, à l’immobilier, puis à l’armée, jusqu’au jour où je me suis regardé dans une glace. Alors je me suis rendu compte que ma tête était un fonds de commerce possible », se souvient-il.

Mais les débuts ne seront pas faciles pour ce fils d’ingénieur électricien, originaire des Hautes-Pyrénées, qui se lance à la conquête de la capitale dans les années 50. Il joue ses sketches dans tous les cabarets en compagnie de Fernand Raynaud, Philippe Clay, Gilbert Bécaud ou Charles Aznavour. « J’en ai bavé jusqu’en 1965 », avouera-t-il un jour.

C’est la télévision et la radio qui feront de lui l’un des comiques français les plus populaires. Découvert par Jean Nohain, l’un des pionniers de la télévision, il est un fidèle de l’émission 36 chandelles. Surtout, « la baronne de la Tronche-en-biais », personnage burlesque qu’il incarne travesti en femme et avec force mimiques, fait se tordre de rire les téléspectateurs.

« J’ai eu ma période de grimaces avec la baronne de la Tronche-en-biais », dira-t-il plus tard. « C’était du gros comique qui m’a ouvert les portes des grandes émissions de variétés où je n’ai cessé de raboter, peaufiner, raffiner ».

Pilier à partir de 1979 des Grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL, Sim assure qu’il « n’aime pas les rires gras » et qu’il est « contre les mots orduriers ». Au cinéma, il tourne notamment avec Michel Audiard dont il apprécie les dialogues pleins d’humour.

Il veut « garder le goût du rêve » qu’il juge « essentiel ». Il aime l’humour absurde et poétique de Raymond Devos, pratique la peinture et la sculpture sur bois. Il écrit aussi des livres dont certains, comme Elle est chouette ma gueule, seront des best-sellers, et une pièce, Une cloche en or, qu’il met en scène et interprète plus de 350 fois à Paris et en province.

Personnage comique et populaire, Sim se voulait « un rigolo qui réfléchit » ce qui, soulignait-il, « paraît évidemment baroque ».

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