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Mort du cinéaste Claude Miller à l’âge de 70 ans

Le cinéaste Claude Miller, 70 ans, auteur de plusieurs très grands succès du cinéma français des années 1980 avec les plus grands interprètes, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à Paris.

L’auteur de “La meilleure façon de marcher”, “Garde à vue” ou “L’effrontée” était malade depuis plusieurs mois. “Avec une belle énergie, il a consacré ses dernières forces à réaliser +Thérèse Desqueyroux+ (dont la sortie est prévue à l’automne) qui sera son dernier film”, a fait savoir sa famille. Claude Miller a tourné ce long métrage, adapté du roman de François Mauriac, avec Audrey Tautou et Gilles Lellouche. “Jour de tristesse, Claude Miller est mort”, a immédiatement tweeté le Festival de Cannes, où le réalisateur avait obtenu le Prix du jury pour “La classe de neige” en 1998, adapté du roman d’Emmanuel Carrère.

François Hollande, candidat PS à la présidentielle, a salué la mémoire d’un “homme simple et bon”, auteur d’une “oeuvre reconnue” par “la profession comme par le public”. L’annonce du décès du grand cinéaste a déclenché des réactions en rafales sur Twitter, tandis que le monde du cinéma réagissait avec “une profonde tristesse”. “Cela va être dur de faire du cinéma maintenant (…). Claude c’était ce qu’il y a de mieux pour la mise en scène, c’est-à-dire des gens qui vous font croire que vous faites ce que vous voulez, en définitive vous ne faites que ce qu’il veut”, a déclaré Guy Marchand sur RTL.

Michel Blanc, “petit mais très important vrai beau rôle” dans “La meilleure façon de marcher”, gardera de lui le souvenir de “quelqu’un de très doux, extrêmement attentif” et Bernadette Lafont (“L’effrontée”) celui d’un “soleil”. Sandrine Kiberlain, à qui il avait confié un rôle dans “Betty Fisher et autres histoires” (2001), évoque, sur Culture.box (France Télévisions), un cinéaste “fou amoureux des actrices” et “une rencontre très forte”.

“Militant de la création”

L’UGC a regretté la disparition “d’un des grands représentants du cinéma français de grande qualité”. “Dites-lui qu’on l’aime”, déclarait de son côté l’ARP (société civile des auteurs, réalisateurs, producteurs), présidée par Claude Miller de 1997 à 1999, saluant la mémoire “d’un cinéaste de talent, cinéphile et curieux” qui a également présidé le réseau de salles Europa Cinémas et l’école de cinéma Fémis.

Il “aura beaucoup oeuvré pour le rayonnement du cinéma français en dehors de ses frontières”, a rappelé Unifrance. La SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), dont Claude Miller a été administrateur cinéma, a honoré un “militant de la création” et le Centre national du cinéma (CNC) un “homme engagé, attentif à la santé du cinéma français et à la formation des jeunes créateurs”.

Né le 20 février 1942 à Paris dans une famille juive laïque, Claude Miller a débuté comme assistant de Marcel Carné et aux côtés de Robert Bresson, Jacques Demy, Jean-Luc Godard et François Truffaut. En 1976, il réalise son premier film, “La meilleure façon de marcher”, avec Patrick Dewaere. Son premier grand succès vient avec “Garde à vue” (1981) avec Lino Ventura, Michel Serrault et Romy Schneider.

C’est aussi l’auteur d'”Un secret” (2007), tiré du roman autobiographique de Philippe Grimbert, avec Cécile de France et Patrick Bruel, de “Mortelle randonnée” (1983) avec Isabelle Adjani et Michel Serrault, de “L’effrontée” (1985) qui révèle Charlotte Gainsbourg, âgée de 13 ans, qu’il retrouvera dans “La petite voleuse” (1988). Il était marié à Annie Miller, productrice (Films de la Boissière) dont il a eu un fils, Nathan.

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