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Mort mystérieuse de Hugues de la Plaza : la prime de 100 000 dollars n’a rien donné

En janvier dernier, les parents de Hugues de la Plaza offraient une prime de 100 000 dollars à toute personne susceptible de leur donner des informations sur la mort de leur fils, retrouvé poignardé dans son appartement de Hayes Valley à San Francisco en juin 2007. Six mois plus tard, les résultats de la prime sont décevants. Face à l’immobilité de la police de San Francisco, les proches de Hugues ont décidé de créer une coalition pour la justice afin de faire la lumière sur l’affaire.

« La prime n’a rien donné », explique Mireille de la Plaza au bout du fil. « Nous recevons seulement des appels farfelus qui ne pourront pas aider à relancer l’enquête », continue-t-elle, une pointe de découragement dans la voix. Voilà deux ans que Mireille et son mari François se battent pour que la police de San Francisco (SFPD) considère la thèse de l’homicide de leur fils et réouvre l’enquête réellement, en ne se contentant pas de de celle du suicide, comme elle l’a fait jusqu’à présent.

En juin 2007, le médecin légiste américain conclut que les blessures reçues par Hugues de La Plaza pourraient correspondre à des coups de couteaux que la victime se serait elle-même donnée. Thèse difficile à accepter pour les parents puisqu’aucune arme n’est retrouvée dans l’appartement si ce n’est un couteau propre dans l’évier de la cuisine. Selon les enquêteurs, l’homme de 36 ans, se serait poignardé avec le couteau qu’il aurait nettoyé avant de s’effondrer. Estimant que les enquêteurs font fausse route, les parents font une demande de commission rogatoire internationale pour permettre d’ouvrir une information judiciaire française. La requête des parents est acceptée et la juge d’instruction française Brigitte Jolivet se rend sur place avec des policiers pour relancer l’enquête.

Pourtant, la procédure piétine : la police de San Francisco doit elle-même faire la demande auprès de l’ambassade américaine à Paris pour obtenir le rapport rédigé par la police et les médecins légistes français. « Nous en sommes au point mort », explique Mireille. « Nous ne savons pas du tout où en est la demande de la SFPD. »

« Nous sommes en rage contre la police de San Francisco », explique Christophe Schuhmann, l’un des meilleurs amis d’Hugues de la Plaza ayant organisé samedi soir dernier une veillée devant sa maison pour commémorer le deuxième anniversaire de sa mort. « Nous avons donc décidé avec Melissa (ndlr, Melissa Nix est l’ancienne petite amie d’Hugues) de créer une coalition pour la justice. Nous avons l’intention d’intenter un procès contre la ville de San Francisco. C’est la seule façon de faire avancer le dossier. » Selon Christophe Schuhmann, la police de San Francisco qui avait rassuré les parents de Hugues en février dernier en leur affirmant qu’elle rejetait la thèse du suicide, n’est pourtant pas prête à reconnaître son erreur. « Aucune déclaration officielle de la part de la SFPD reconnaissant la thèse de l’homicide a été faite », explique encore Christophe Schuhmann.

Une journaliste de la chaîne américaine CBS, qui prépare un reportage sur l’affaire a rencontré la police et des représentants du maire il y a quelques jours. Elle raconte qu’elle a été choquée devant l’acharnement de la SFPD à défendre la thèse du suicide. Selon la journaliste, le lieutenant en charge du département des homicides lui aurait affirmé : « Qui vous dit que ce type, Hugues, ne serait pas sorti de chez lui et aurait jeté le couteau dans la rue. Ou qu’il l’aurait mis dans un camion poubelle qui passait par là ? Ou que quelqu’un aurait trouvé le couteau dans le caniveau et l’aurait emporté ? » Les médecins légistes français ont quant à eux rejeté fermement la thèse du suicide… Seul problème, la SFPD n’a pas encore consulté ce rapport, qui viendrait invalider leur propre enquête.

 

 

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