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Moscou reçoit un opposant syrien, appelle à une solution “pacifique”

La Russie a prôné une “solution politique pacifique” en Syrie, rejetant de nouveau “toute ingérence”, en recevant lundi un des chefs de l’opposition au régime de Damas, Michel Kilo.

“Je suis convaincu que nous devons faire tout notre possible pour contraindre les parties au conflit à (parvenir à) une solution politique pacifique pour régler tous les différends”, a déclaré Vladimir Poutine dans un discours retransmis à la télévision. “Bien sûr, c’est une tâche plus difficile et plus délicate” que de procéder à “une ingérence par la force de l’extérieur”, a ajouté le président russe, qui s’exprimait devant les ambassadeurs russes en poste à l’étranger réunis au siège du ministère des Affaires étrangères. Mais seule une solution pacifique “peut assurer un règlement à long terme et une situation stable dans la région”, a-t-il poursuivi.

M. Poutine a réitéré l’opposition de Moscou à toute ingérence armée sans un accord préalable du Conseil de Sécurité de l’ONU, où, en tant que membre permanent (aux côtés de la Chine, des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne), la Russie dispose d’un droit de veto. “Nous nous assurerons que dans les cas où une intervention par la force est nécessaire, la décision ne puisse être prise que par le Conseil de sécurité de l’ONU”, a souligné le président russe.

Quelques heures auparavant, l’un des principaux dirigeants de l’opposition en Syrie, Michel Kilo, avait exhorté la Russie à contribuer à “la stabilisation de la situation” dans son pays, au cours de pourparlers à Moscou avec le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. “La Syrie est devenue l’arène d’un conflit international. En tant que représentants des forces démocratiques, nous considérons qu’il est dans l’intérêt de la Russie (de parvenir à) la stabilisation de la situation”, a dit cette figure emblématique de la lutte pour la démocratie en Syrie, selon des agences de presse russes.

“La Russie est l’un des rares pays, si ce n’est le seul, à travailler activement avec le gouvernement syrien et avec les diverses forces de l’opposition, s’efforçant de faire appliquer le plan de Kofi Annan”, l’émissaire international pour la Syrie, a de son côté déclaré M. Lavrov, cité par Itar-Tass. “Nous comptons sur le fait que la rencontre d’aujourd’hui (avec Michel Kilo) sera un pas sur la voie de la mise en oeuvre des accords auxquels on est parvenu à Genève”, le 30 juin, sur les principes d’une transition politique en Syrie proposée par Kofi Annan.

Les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU ainsi que la Turquie et des pays représentant la Ligue arabe s’étaient alors mis d’accord sur les principes d’une transition en Syrie, où la révolte contre le régime de Bachar al-Assad est devenue un conflit armé. Après la réunion, les Etats-Unis ont estimé que l’accord ouvrait la voie à l’ère “post-Assad”, tandis que la Russie et la Chine réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de déterminer eux-mêmes leur avenir.

Abdel Basset Sayda, nouveau chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition syrienne à l’étranger, est pour sa part attendu mercredi à Moscou, également pour des entretiens, après la conférence des Amis du peuple syrien de la semaine dernière à Paris, boycottée par la Russie et la Chine.

Dans un entretien avec la radio russe Goloss Rossii (la Voix de la Russie) diffusée lundi, il a appelé la Russie à arrêter ses livraisons d’armes au régime de Damas.”On sait que la Russie livre des armes à la Syrie. Nous allons parler de cela maintenant à Moscou”, a-t-il déclaré. “Nous voulons expliquer que le régime dictatorial qui dirige la Syrie depuis plus de 40 ans est arrivé à son terme. Il s’agit pour la Russie de maintenir de bonnes relations avec le peuple syrien”, en cessant de livrer des armes au régime de Bachar al-Assad.

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