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Nathan. A Jones : être noir à Paris

Pour clore sa série de conférences intitulée “the African-American experience in France”, l’Alliance française de San Francisco a reçu hier soir l’écrivain Nathan A. Jones venu parler de son livre Black man in Europe. Il y décrit ses années d’études passées en Europe et notamment à Paris.

Nathan Jones est né à la Nouvelle Orléans et a grandi à Oakland, située sur la rive est de la baie de San Francisco où la communauté afro-américaine représente plus de 26% de la population. Nathan Jones issu d’une famille aisée de noirs américains, vivra à l’écart des violences urbaines d’Oakland, ville tristement connue pour sa pauvreté et son fort taux de criminalité. Il fait ses études supérieures à l’université de San Francisco et oriente ses recherches vers l’analyse sociologique des races, en particulier celle dont il vient. En 1998, il part pour l’Europe afin d’étudier la manière dont la communauté africaine est perçue sur le vieux continent.

“A Paris, je symbolisais le nouveau nègre”
A son arrivée à Paris, Nathan. A Jones découvre que tout comme aux Etats-Unis, la discrimination à l’égard des personnes d’origine noire est encore prégnante. ‘Les français ont établi une sorte de hiérarchie des races’ explique-t-il dans son livre Black man in Europe, sorte de compte rendu sociologique de son expérience. ‘En bas de l’échelle vous trouvez les arabes puis viennent les africains et enfin les africains originaire des Caraïbes.’ Selon lui, l’histoire coloniale de la France a largement imprégné les mentalités. “Plus de 40 ans après l’indépendance des colonies françaises, de nombreux français d’origine africaine sont encore considérés comme des personnes inférieures”, raconte Nathan Jones. Mais en tant que citoyen des Etats-Unis, Nathan Jones découvre rapidement qu’il est regardé différemment de ses “frères africains”. “Des que je me mettais a parler anglais les portes s’ouvraient, on me demandait de quelle ville américaine je venais. Pour les français, je symbolisais le nouveau nègre, celui qui est respecté parce qu’il incarne une certaine vision des États Unis, celle du jazz et de la culture afro américaine très populaire en Europe. On m’a souvent demandé si je jouais de la trompette”, raconte en riant Nathan Jones.

Le rêve panafricain
Pourtant, pour Nathan Jones, rien ne le différencie des français d’origine coloniale. Il rêve qu’un jour, tous les Africains et les descendants d’Africains hors du continent soient considérés comme un seul ensemble et que la solidarité qui existe entre eux se transpose entre les peuple européens et les peuples africains. Voilà la vision panafricaine que Nathan Jones tente de transmettre dans son ouvrage, dont il a lu quelques extraits.

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