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Neige: des milliers de Franciliens piégés, les autorités minimisent la pagaille

Des milliers de Franciliens, bloqués depuis mercredi par la neige et le verglas, tentaient encore jeudi de regagner leur domicile, prendre un avion ou retrouver leur voiture, après une nuit de pagaille que les autorités s’efforçaient de minimiser.

Un retour à la normale sur les routes était espéré en milieu d’après-midi au vu d’une météo “pas trop défavorable” en début de journée, selon le directeur interdépartemental des routes Ile-de-France (Dirif), Gérard Sauzet. A la mi-journée, le Centre régional d’information routière (Crir) constatait une “amélioration des conditions de circulation sur l’ensemble du réseau de voirie rapide” de la région, mais la Dirif parlait d’une situation “similaire à ce qu’elle était en matinée”. La préfecture de police de Paris a prolongé jusqu’à “au moins 16H00” l’interdiction de circulation des poids lourds. Mais des camions continuaient de rouler sur des autoroutes franciliennes, selon des journalistes de l’AFP. Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui a renoncé à se rendre au Maroc, a demandé aux automobilistes de ne pas prendre leur véhicule “sauf impératif professionnel absolu”. Selon lui, il sont environ un millier à avoir passé la nuit bloqués par la neige dans leur voiture, dont 400 sur la seule N118. “C’est naturellement 1.000 de trop, mais cela n’a rien à voir avec les 60.000” immobilisés “en 2003”, a-t-il estimé. Malgré l’annonce de l’épisode neigeux par Météo-France, l’Ile-de-France a vécu le pire scénario depuis la nuit du 4 au 5 janvier 2003. Equipés de bottes de montagne, pantalons chauds et doudounes, des naufragés de la route venaient en matinée chercher les véhicules abandonnés mercredi soir sur la D444, à hauteur d’Igny (Essonne). Edwige Ducluzeau et son mari dégageaient leur voiture abandonnée après neuf heures de bouchons: “ensuite on va chercher notre fille de trois ans et demi qui a passé la nuit dans son centre de loisirs, à Jouy-en-Josas (Yvelines). Puis on va à Versailles chercher la voiture que mon mari a aussi abandonné hier soir!”

M. Hortefeux a nié avoir minimisé les difficultés, affirmant avoir dit mercredi à 16H30: “A ce stade, il n’y a pas de pagaille”. Il a souligné que “l’épisode météorologique” de mercredi était un “phénomène majeur” pas vu en Ile-de France “depuis 23 ans”. Les embarras de circulation sont du domaine du “normal”, a estimé une porte-parole du secrétariat d’Etat aux Transports, assurant que les services de l’Etat ont “mis en place toutes les mesures habituelles”. Le dispositif d’hébergement déployé par les pouvoirs publics a permis d’accueillir en IDF environ 3.300 personnes dans 78 centres d’hébergement, selon le ministère. Mais la mairie de Vélizy (Yvelines), proche de la N118 totalement bloquée, faisait état à elle seule de 7.000 à 8.000 personnes hébergées sur cette commune. Et de nombreux automobilistes et routiers se plaignaient d’une absence ou insuffisance de salage. “Lorsque Hortefeux déclare à 16H30 qu’il n’y a pas de pagaille, c’est faux, la pagaille avait commencé bien avant, je me suis retrouvé bloqué sur l’A86 vers 15H30”, a témoigné auprès de l’AFP Didier, un informaticien qui a mis 14 heures pour faire 21 kilomètres. Jeudi matin, dans un paysage digne d’une autoroute de montagne, la circulation sur l’A6 en direction de la province restait complètement bloquée. “Ils ont rien fait, c’est pas salé!”: des chauffeurs routiers bloqués sur la N6 à hauteur de Montgeron (Essonne) ne cachaient pas leur colère mercredi soir.

A Roissy-Charles-de-Gaulle, où plus d’une centaine de vols Air France avaient été annulés depuis mercredi et des milliers de passagers coincés, le trafic reprenait “progressivement”. Mais le verglas perturbait les vols Air France et “des annulations et des retards” étaient toujours à prévoir, selon la compagnie. A Orly, les vols ont eu une à deux heures de retard. Neige et verglas perturbaient encore le trafic des bus en banlieue, 30% ne roulant pas. De nombreux salariés ont été surpris sur leur lieu de travail: près d’un millier ont passé la nuit au Commissariat à l’énergie atomique (CEA, Essonne), 2.800 au Technocentre Renault de Guyancourt (Yvelines).

 

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