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New York ou le défi de la réussite de 22 étudiants français

Yes, they did ! 22 étudiants français de grandes écoles d’ingénieurs et de management issus de milieux défavorisés sont partis une semaine aux États-Unis, du 12 au 18 juin, pour découvrir le monde de l’entreprise américaine. Piloté par l’association Cercle Passeport Télécoms et financé par la Fondation Alcatel-Lucent, le projet est un bel exemple de réussite, au-delà des déterminismes sociaux, géographiques ou culturels.

« We made it! ». Le nom du challenge résonnait déjà comme un cri de victoire. « Nous avons lancé ce concours pour récompenser les élèves les plus méritants par un voyage d’une semaine au cœur du système américain », explique Beatrice Tassot, directrice de la fondation. Cette gratification est l’aboutissement d’un dispositif complet d’aide aux étudiants issus de milieux sociologiquement défavorisés. L’objectif ? Amener à la réussite ce public mal préparé au monde du travail. « Nous leur faisons découvrir l’univers de l’entreprise, ses codes, son langage, explique Benjamin Blavier, le délégué général du Cercle Passeport Télécoms. Nous voulons aussi combattre l’autocensure culturelle et favoriser l’intégration de ces jeunes pleins de talent issus de zones urbaines sensibles », affirme-t-il. Son association accompagne ainsi depuis 2005 des étudiants brillants issus de filières technologiques jusqu’à leur entrée sur le marché du travail, après obtention d’un diplôme en école de management ou d’ingénieur. Car « au-delà du talent et de l’intérêt, il faut aussi des moyens et se constituer un réseau pour réussir à se faire connaître », précise Benjamin.

New York, une expérience unique

Partenaire du projet, l’Alliance Française de New York a organisé pour ces jeunes une journée entière de visites et de rencontres dans Manhattan. Une révélation pour David Bonnet, 22 ans, l’un des gagnants du concours. Conscient de la difficulté du monde du travail à New York, il se sent désormais d’attaque. « Ce voyage m’a permis de découvrir  un univers économique international, compétitif, que je ne soupçonnais pas, explique-t-il. Il m’a permis de dépasser certains préjugés négatifs concernant l’Amérique. » Celui de l’Eldorado inaccessible, par exemple. À ses côtés, Jérémie Picard, un Vendéen du même âge passé par l’école Centrale de Nantes paraît serein et confiant en l’avenir. « New York serait un formidable tremplin pour ma carrière. C’est aussi un idéal d’intégration. » Une vision que partage Jérémie. « Ici la religion ou la tenue vestimentaire ne posent pas problème tant qu’on est efficace dans son travail. » Une avancée énorme en matière de tolérance par rapport au modèle français, estiment les deux garçons. Même en période de crise, le rêve américain ne semble pas complètement enterré. « Le marché américain est très flexible, beaucoup plus souple qu’en France, renchérit Jérémie. Nous avons rencontré des gens qui ont perdu leur emploi. Le lendemain, ils étaient à nouveau en selle ! » Pour Jérémie, ce dynamisme décuple la motivation. Dans un avenir proche, il s’imagine bien travailler à l’étranger. « Je vise un stage dans le domaine énergétique dans une start-up à Singapour ou à Hong-Kong »,  poursuit-il, déterminé.

La maîtrise de l’anglais, une nécessité

Pour réaliser leurs projets, la maîtrise de l’anglais s’impose d’elle-même. « Impossible de trouver un job si l’on ne maîtrise pas cette langue », reconnaissent Jérémie et David qui bénéficiaient déjà de cours dispensés par des bénévoles mobilisés par la Fondation Alcatel-Lucent. La désignation de tuteurs, la mise en place de conversations téléphoniques en anglais, et leur placement dans des familles américaines de Murray Hill, dans le New Jersey, a contribué à renforcer leurs connaissances de la langue. « La maîtrise de l’anglais est aujourd’hui un point clé dans la réalisation d’un parcours professionnel réussi », confirme Beatrice Tassot. Avec leur diplôme, leur expérience et leur anglais, ces jeunes constituent du coup « un excellent modèle de réussite dans les quartiers, l’un des buts poursuivis par l’association du Cercle », affirme Benjamin Blavier. En plus de cet apprentissage de la langue, l’association prépare ces élèves aux concours oraux des grandes écoles et organise des rencontres avec des professionnels et des étudiants étrangers. Un bel exemple d’échanges transculturels.

Explorer l’altérité

Ce voyage a révélé aux étudiants les points forts et les failles des deux systèmes, français et américain. Ce qui les a le plus choqués à New York, c’est le gaspillage d’énergie. « Les lampes qui restent allumées en plein jour, toute la journée, pour rien ! », regrette David. Ou la climatisation excessive dans les transports en commun… « La clim’ est tellement forte dans le bus que l’on est obligé de se couvrir si l’on ne veut pas avoir trop froid », s’étonne-t-il. « Il y a beaucoup de travail à faire de ce côté-là », estime-t-il. Une réaction saine pour ce jeune qui se dit concerné par l’environnement et l’avenir de la planète, par ailleurs engagé personnellement dans des projets associatifs. « À Rouen, j’ai monté une association qui distribuait des trousses humanitaires aux sans abris pour pallier au manque d’hygiène dans la rue, témoigne David. » Un élément qui a sans doute fait la différence dans la constitution de son dossier. Jérémie animait quant à lui un foyer d’activités pour les jeunes en Vendée et aimerait agir pour combattre les inégalités. Aux États-Unis, où la misère côtoie la démesure, le luxe et la surconsommation, voici une autre piste à explorer…

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