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New York : ouverture de deux classes françaises dans le Queens

Dès septembre 2009, des classes bilingues français/anglais ouvriront à l’école publique PS 151, dans le Queens, à New York. Deux mamans françaises à l’origine du projet racontent leur parcours du combattant.

Leurs efforts ont payé. Virginie Le Lan et Hélène Bidaux, membres du bureau de l’association Éducation Française à New York (EFNY), se sont battues pendant plus d’un an pour obtenir la mise en place d’un enseignement bilingue français/anglais dans une école publique du Queens. Grâce au soutien et à l’enthousiasme de Jason Goldner, jeune proviseur de l’école publique PS 151, dans le quartier d’Astoria, deux classes bilingues de Kindergarten 1, vont voir le jour en septembre 2009. Une belle victoire pour les deux amies.

« On pense EFNY, on respire EFNY. C’était une passion, c’est devenu une obsession et un travail à temps plein ! » Hélène Bidaux et Virginie Le Lan, deux jeunes mamans du Queens, amies et membres du bureau de EFNY, sont radieuses malgré la tempête qui gronde dehors. Elles racontent, devant un thé aux fruits rouges au Starbucks local, leur parcours du combattant.

Première étape, trouver l’école publique qui accepte de porter le projet. Si trois écoles publiques à New York proposaient déjà,ce genre de programme bilingue, à Brooklyn et Manhattan, rien n’avait encore été fait dans le Queens.

En un an de démarchage dans toutes les écoles publiques du District 30 (quartier d’Astoria), elles ont essuyé beaucoup de refus. « On les a toutes faites ! On restait parfois toute la journée au secrétariat, et on refusait de s’en aller avant d’avoir parlé au proviseur, » explique Virginie Le Lan. Mais personne, faute de moyens ou d’intérêt, ne semblait vouloir les soutenir, et les deux amies étaient prêtes à jeter l’éponge au début de l’automne dernier.

« Quand j’ai appris en octobre que PS 151 venait d’accueillir un nouveau proviseur, j’ai repris courage, » explique Hélène Bidaux. « L’école n’avait plus très bonne réputation. Après des années de laisser-aller, beaucoup de parents avaient retiré leurs enfants et PS 151 avait été classée par l’administration scolaire new-yorkaise, « Magnet School » (ndlr, c’est à dire ouverte aux enfants au-delà de leur secteur normal d’affectation), » continue Hélène Bidaux.  Les deux jeunes femmes font alors la connaissance du dynamique Jason Goldner, dont c’est le premier poste en tant que proviseur, et qui s’est fixé pour objectif de redynamiser l’établissement.

« C’est Babar qui m’a convaincu ! » raconte l’intéressé. « Je trouvais le projet enthousiasmant, mais je me demandais bien qui, dans le district, serait intéressé par les classes bilingues franco-américaines. Virginie et Hélène m’ont fait organiser en novembre une projection du dessin animé Babar, en français, et ça a été un véritable succès. Des dizaines de familles francophones se sont déplacées. »

« La communauté française du Queens est moins connue que celle de Brooklyn, mais elle existe bel et bien. À commencer par les Bretons, qui, traditionnellement, se sont installés là dans les années 1960, quand les loyers sont devenus trop chers à Manhattan. J’en sais quelque chose, je suis bretonne, » explique Virginie Le Lan, qui habite le quartier avec son mari depuis presque 10 ans et est mère de deux enfants de 2 et 5 ans.

Une fois l’école trouvée, la deuxième étape consistait à démarcher les familles.  C’est-à-dire, confie Hélène Bidaux,  « aller dans les restaurants et les magasins français, laisser des flyers partout, arrêter les gens dans la rue, dès qu’on entendait parler français. Nous sommes aussi rentrées en contact avec l’association des Algériens de New York, qui ont une forte représentation dans le Queens. » Les deux femmes finissent par compiler une liste de 80 familles francophones ou simplement francophiles, qui se disent intéressées par le projet. Les services culturels de l’ambassade de France ont également soutenu l’initiative, en offrant par exemple de nombreux livres à la bibiothèque de l’école.

Virginie Le Lan et Hélène Bidaux cherchent à présent des professeurs pour septembre. « Il nous faut des gens dont le niveau de français est irréprochable, mais qui sont aussi autorisés à travailler aux États-Unis, et accrédités par la ville de New York pour enseigner dans le public. » Pas simple, surtout depuis que le département à l’éducation de la ville de New York ne sponsorise plus de visas pour ces postes à cause de la crise. Hélène Bidaux lance ainsi un appel : « Nous ne choisissons pas directement les professeurs, car la décision incombe à M. Goldner, mais nous pouvons lui transmettre les CV via notre site, http://efny.net. »

Les inscriptions vont débuter en mars. Une journée portes ouvertes est prévue  à PS 151 le 12 février, et une projection de film dans les deux langues, le 26 février. Chacune des deux classes bilingues devrait être composée en théorie de la moitié d’enfants francophones, soit 10 à 12 par classe. « L’idée, c’est que les enfants anglophones et francophones communiquent naturellement dans leur langue d’origine. Les cours auront lieu tantôt dans une langue, tantôt dans l’autre, » explique Jason Goldner, qui s’est lui-même décidé à prendre des cours de français.

Informations pratiques :

PS. 151, Mary D Carter School.

50-05 31st Ave Woodside, NY11377

(718) 728-2676

EFNY: http://efny.net

 

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