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Nicolas Anelka exclu de l’équipe de France

Le mythe d’une équipe de France soudée, fabriqué autour du leitmotiv “le groupe vit bien”, a volé en éclat samedi au Mondial, avec la révélation des insultes proférées contre Raymond Domenech par Nicolas Anelka, finalement exclu du groupe dans la soirée.

“La décision vient d’être prise, a confirmé Noël Le Graët, vice-président de la FFF (Fédération française) sur RTL, radio partenaire des Bleus. C’était de toute façon normal de le faire aujourd’hui, ça ne peut pas être autrement. Je trouve ça tout à fait anormal, parce que si quelqu’un a bien protégé Anelka, c’est bien Domenech.”

Cette décision a été prise parce que le journal l’Equipe a raconté, samedi, l’altercation du vestiaire, survenue jeudi soir. “Anelka aurait dû être dans l’avion dès vendredi matin, puisque ça s’est passé jeudi soir. Pourquoi attendre que l’histoire soit sortie dans la presse?”, s’est étonné Bernard Saules, membre du conseil fédéral de la FFF.

Selon le journal l’Equipe, Anelka a lancé au sélectionneur national: “Va te faire enculer, sale fils de pute”, lorsque Domenech lui a reproché son positionnement tactique à la mi-temps du match France – Mexique. “Ok, tu sors”, aurait répliqué Domenech, sous le regard médusé des autres joueurs. André-Pierre Gignac joua ensuite la seconde période à la place de l’attaquant de Chelsea.

Après cet accrochage, la France a encaissé deux buts en seconde période (64e et 79e minutes) et s’est inclinée 2 à 0, compromettant sérieusement ses chances de qualification pour les huitièmes de finale.

Dans un communiqué très sec publié à la mi-journée samedi, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, a appelé à la décence: “Les joueurs doivent se rappeler qu’ils portent les couleurs de la France et qu’ils sont considérés comme des modèles par beaucoup de jeunes. Cela les oblige à la retenue et à la dignité”.

Mme Bachelot était présente vendredi au décrassage des Bleus et a dormi dans leur hôtel.

Recadrage de la ministre

Anelka a toujours eu des rapports conflictuels avec les sélectionneurs en équipe de France. En août 2003, il avait déclaré dans l’hebdomadaire Paris Match à propos de Jacques Santini: “Je n’ai pas besoin de l’équipe de France. Qu’il s’agenouille devant moi, s’excuse d’abord, et après je réfléchirai”.

L’attaquant avait lancé au début de l’ère Domenech: “Je pense que je ne reviendrai pas en bleu tant que Raymond Domenech sera en place. Même quand il y a 60.000 blessés, il ne me prend pas!”. Puis, le joueur avait fait amende honorable et le 5 octobre 2006 Raymond Domenech l’avait rappelé dans le groupe France.

Depuis, le joueur semblait apaisé. Mais sur le terrain, en préparation et en Coupe du monde, il est soudainement redevenu cet individualiste forcené, jouant à contre-courant de l’attaque.

Avant la révélation de cet épisode, Jérémy Toulalan, un des rares joueurs à sortir des discours convenus face à la presse, avait admis vendredi: “On est une équipe et forcément dans un groupe, on n’est pas obligé d’être les meilleurs amis du monde”.

Ces insultes ont provoqué un tollé en France. La première réaction était venue d’un autre vice-président de la FFF, Christian Teinturier. “Si les mots ont été employés (…) il aurait dû être expulsé (du groupe) tout de suite, ou s’excuser. Sinon, il ne devrait pas réapparaître sous un maillot d’entraînement de l’équipe de France”, avait déclaré M. Teinturier sur France Info.

Michel Hidalgo, ancien sélectionneur des Bleus (1976-1984), a estimé pour sa part qu’Anelka “ne doit plus porter le maillot de l’équipe de France. A mon avis, il ne portera plus jamais ce maillot”. A 31 ans, c’était sans doute sa première et dernière coupe du monde.

 

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