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Nicolas Batum et Alexis Ajinca s’accrochent au rêve américain

Une dizaine de joueurs français évoluent en NBA cette saison. Parmi eux, Nicolas Batum (photo) et Alexis Ajinca ont joué l’un contre l’autre mercredi soir lors de la rencontre remportée par Portland contre Charlotte (88-74). Six mois après leurs débuts dans le championnat américain, les deux « rookies » ne regrettent pas d’être venus tenter leur chance aux États-Unis. Portraits.

Le plaisir. Plus que la pression, c’est le plaisir qui l’emporte lorsque Nicolas Batum entre sur le terrain. L’ex-joueur du Mans, choisi en juin dernier par les Houston Rockets pour être immédiatement transféré à Portland, a beau être un rookie (débutant), il ne se laisse pas impressionner. « C’est vrai, c’est ma première saison, je suis encore émerveillé, mais le sentiment qui domine c’est vraiment le plaisir. Et la chance. » La chance d’avoir rejoint les rangs d’une équipe jeune et d’être tombé sur un entraîneur, Nate McMillan, qui lui fait assez confiance pour le faire entrer dans le cinq majeur. Malgré son manque d’expérience, c’est donc sans complexe que le numéro 88 aborde ses matches. « Je me fiche de savoir si c’est Kevin Garnett (ndlr, joueur de Boston Celtics) en face de moi, tout ce que je sais c’est que c’est un adversaire que je dois dominer. »

À la veille de la rencontre contre l’équipe mythique des Boston Celtics, championne NBA en 2008, Nicolas Batum, qui a eu 20 ans le 14 décembre dernier, avouait cependant qu’il commençait à sentir la fatigue. « La NBA c’est plus “tout” s’amusait-t-il à dire. Plus rapide, plus dur, plus “tout”… »

Un coup d’œil aux statistiques confirme que l’ailier de 2,03 m est une des bonnes surprises du championnat. « J’ai encore une grosse marge de progression, reconnaît-il. Notamment en attaque. Au niveau de la vitesse, du score… Je suis seulement à 50 ou 60 % de mon potentiel. » Le 22 janvier pourtant c’est en scoreur qu’il s’est fait remarquer en inscrivant 17 points contre les Lakers de Los Angeles.

Alexis Ajinca, un investissement à long terme

Ce soir Nicolas Batum était donc opposé à Alexis Ajinca… Ce dernier est entré trois minutes. Il avait suivi la rencontre précédente du banc des remplacants. Pour l’instant, le temps de jeu de la recrue des Charlotte Bobcats – dont l’un des propriétaires est le légendaire Michael « Air » Jordan – est plutôt réduit. À vrai dire, c’est un autre Français, son coéquipier l’ailier Boris Diaw, transféré de Phoenix en décembre dernier, qui se fait remarquer…

Mais pour son coach, Larry Brown, Alexis Ajinca, 20 ans, est un investissement à long terme. Il veut laisser le temps au pivot de 2,15 m de trouver ses marques avant d’éclater. « L’entraîneur m’a dit qu’il comptait faire plus appel à moi à partir de février. Pour l’instant il me fait rentrer 5 à 15 minutes… (ndlr, sur 4 périodes de 12 minutes) », explique le jeune homme qui rappelle aussi qu’en France « mon temps de jeu n’etait pas si élevé. Je ne m’attendais donc pas à être titulaire tout de suite ». Une réponse à ceux qui jugent, comme le directeur technique de l’équipe nationale, Jean-Pierre de Vincenzi, « qu”il est parti trop tôt, avant d’avoir eu le temp de s’affirmer ».

Comme tous les rookies sélectionnés par les formations de la NBA, Alexis Ajinca a décroché un contrat de deux ans renouvelable. Remarqué pour ses qualités défensives, il doit maintenant s’étoffer physiquement. « Il apprend vite et les joueurs de sa taille sont rares, même en NBA », analyse Rick Bonnel, journaliste spécialiste de la NBA au Charlotte Observers. Le problème est qu’il n’est pas assez fort musculairement. Le championnat américain est plus dur que partout ailleurs. »

Alexis Ajinca a certes été surpris par l’intensité des séances d’entraînement qu’il enchaîne pour son nouveau club mais il reste surtout impressionné par l’attention portée au confort des joueurs : « Le staff technique est vraiment au petit soin pour nous. Tout est fait pour que l’on ait seulement le jeu en tête. »

L’équipe de France

Ni Nicolas Batum, ni Alexis Ajinca n’ont porté le maillot de l’équipe de France lors des qualifications pour les championnats d’Europe l’été dernier. Ils venaient d’être choisis lors des drafts par leur équipe respective et devaient faire leur classe lors des camps d’été, prélude au championnat américain. Le calendrier chargé des joueurs évoluant en NBA – une dizaine – est un des problèmes que doivent gérer les dirigeants de l’équipe de France. Notamment pour les formations qui se qualifient pour les play off. « Portland ne visent pas les phases finales cette année. Normalement je devrais avoir fini ma saison de NBA en mai. Le prochain stage de la sélection commence en juillet. J’ai déjà l’accord de mes dirigeants. Les responsables de l’équipe de France savent qu’ils pourront compter sur moi, » assure Nicolas Batum.

Mais jouer en NBA n’offre aucune garantie de sélection… Comme l’explique

Jean-Pierre Vincenzi, le directeur technique national : « Les joueurs, qui n’ont pas de temps de jeu soutenu et de rôle véritable en NBA, auront des difficultés à s’imposer en sélection nationale. Et je ne vois pas l’utilité pour un joueur estampillé NBA de venir en équipe de France s’il ne doit pas dominer son sujet. » Et selon lui, pour l’instant, le seul à correspondre à ce critère est la star des San Antonio Spurs, Tony Parker.

 

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