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Nicolas Sarkozy déclare la “guerre nationale” aux “voyous”

Nicolas Sarkozy a sorti vendredi l’artillerie lourde sur la sécurité et l’immigration en promettant à Grenoble un nouveau renforcement de l’arsenal répressif contre les délinquants et en déplorant l'”échec” du modèle d’intégration français depuis cinquante ans.

Venu installer le nouveau préfet de l’Isère, Eric Le Douaron, choisi parmi les hauts gradés de la police après les graves violences survenues mi-juillet dans la ville, le président a d’abord tenu à voir les policiers locaux, passant près d’une heure et demie avec eux, à l’abri des caméras.

Dans l’Hôtel de police, il a visionné un film sur les événements qui ont éclaté dans le quartier de la Villeneuve, où des fonctionnaires avaient essuyé des tirs à balles réelles, puis longuement discuté avec eux.

A la préfecture ensuite, le chef de l’Etat, entouré notamment de Michèle Alliot-Marie (Justice) et Brice Hortefeux (Intérieur), a repris le discours de fermeté contre les délinquants qui ont fait son succès en 2007.

Mais cette fois, il l’a accompagné de quelques annonces spectaculaires. Première mesure: le chef de l’Etat a demandé que la nationalité française puisse “être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte” à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de tout autre “dépositaire de l’autorité publique”.

Ensuite, il a proposé que dès la rentrée parlementaire les peines planchers, qui visent actuellement les seuls récidivistes, puissent désormais s’appliquer “à toutes les formes aggravées c’est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d’une autorité publique”.

“L’instauration d’une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera discutée au Parlement dès la rentrée”, a-t-il aussi annoncé, réclamant aussi une extension de l’usage des bracelets électroniques.

Martial – il a parlé de “guerre nationale” contre les “voyous” – le chef de l’Etat a aussi clairement établi un parallèle entre la délinquance et les difficultés d’intégration de certains immigrés.

“Nous subissons les conséquences de 50 années d’immigration insuffisamment régulées qui ont abouti à un échec de l’intégration. Nous sommes si fiers de notre système d’intégration, peut-être faut il se réveiller pour voir ce qu’il a produit. Il a marché, il ne marche plus”, a lancé le chef de l’Etat.

“Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la troisième et la quatrième génération se sentent moins français que leurs parents ou grands parents”, a insisté Nicolas Sarkozy.

Soulignant qu’en 2009 “le taux de chômage des étrangers non communautaires a atteint 24%”, soit plus de deux fois la moyenne nationale, il a souhaité “que l’on évalue les droits et les prestations auxquelles ont aujourd’hui accès les étrangers en situation irrégulière”. “Une situation irrégulière ne peut conférer plus de droits qu’une situation régulière et légale!”.

Environ 300 personnes ont manifesté dans le centre de Grenoble contre la venue du chef de l’Etat, soigneusement tenues à distance de la préfecture.

Le secrétaire national du PS à la Sécurité, Jean-Jacques Urvoas, a estimé que Nicolas Sarkozy avait parlé “pour faire oublier son échec” sur la sécurité.

L’ex-Premier ministre Dominique de Villepin a lui ironisé sur l’emploi du mot “guerre” par le président, rappelant que “la guerre contre le terrorisme, c’est la terminologie des néo-conservateurs américains et de Georges Bush avec le peu de succès que l’on sait”.

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