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Nicolas Sarkozy entre dans la course à l’Elysée

A 67 jours du premier tour de scrutin, Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi son entrée dans la course à l’Elysée face à son rival – et plus que jamais favori – socialiste François Hollande, qui tenait à Rouen sa deuxième grande réunion publique nationale.

En campagne depuis des semaines déjà, le chef de l’Etat a mis fin sur TF1 au vrai-faux suspense qui entourait sa décision. “Oui, je suis candidat à la présidence de la République”, a-t-il dit, “parce que la situation de la France, de l’Europe et du monde (…) qui connaissent une succession de crises sans précédent, fait que ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ce serait comme un abandon de poste”.

En plus de ce “oui”, Nicolas Sarkozy a décliné le slogan de sa campagne, “la France forte”. “Il faut que les Français comprennent que si la France est forte, ils seront protégés”, a-t-il dit. Il a fixé les priorités d’un second mandat: de la réhabilitation de la valeur “travail”, car “l’assistanat n’a pas sa place”, à sa volonté de “redonner la parole au peuple français par le référendum”. Il a confirmé son intention de consulter d’abord les Français sur le “chômage”, son “indemnisation” et la “formation des chômeurs”.

Nicolas Sarkozy, 57 ans, doit faire sa première sortie de prétendant jeudi à Annecy (Haute-Savoie), fief du président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer. Il tiendra sa première visite de terrain et sa première réunion publique de candidat, à 17H30, avant le grand meeting programmé dimanche après-midi à Marseille. Deux choix très symboliques puisque le candidat Sarkozy avait conclu en 2007 sa marche victorieuse vers la présidence par une visite au plateau des Glières, au-dessus d’Annecy, et un meeting marseillais.

Depuis des semaines, la décision de Nicolas Sarkozy n’était qu’un secret de Polichinelle. A chaque sortie publique, le président presque candidat tombait à bras raccourcis sur son rival du PS et, en petit comité, retenait de plus en plus mal son envie d’en découdre. Pressé par un entourage inquiet de la large avance prise par François Hollande dans les sondages, le chef de l’Etat a été contraint de bouleverser ses plans et d’abandonner la posture de “président courage” face à la crise qu’il comptait prolonger jusqu’en mars.

Avant l’annonce de son champion, toute l’UMP s’est réjouie de l’entrée en lice du président, dont elle attend un électrochoc dans un électorat qui continue d’accorder très largement sa préférence à François Hollande. “Maintenant, la vraie campagne va commencer”, s’est réjoui le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. A l’image des autres instituts, la dernière enquête Harris Interactive publiée mercredi dans l’hebdomadaire VSD crédite le candidat socialiste de 28% des intentions de vote au premier tour contre 24% au sortant. Au deuxième tour, le premier écraserait le second avec 57% contre 43%.

Mise en place dans le plus grand secret, l’équipe de campagne du candidat est dans les starting-blocks, dixit le secrétaire général du parti Jean-François Copé. Elle devrait avoir pour porte-parole la ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui devrait quitter le gouvernement. “NKM” n’a pas confirmé sa désignation mercredi matin, mais elle a déjà donné le “la” de son futur discours en dénonçant “la vacuité de (la) campagne” de François Hollande. “Plus d’un an qu’il est en campagne, quelles sont ses idées qui ont impacté ?”, s’est-elle interrogée.

Dans le camp adverse, le PS s’est ingénié à minimiser l’impact de l’entrée en campagne du président. “Cela ne va pas changer grand-chose”, a jugé la première secrétaire du PS Martine Aubry. Quant à François Hollande, il a déroulé son programme comme si de rien n’était. D’abord la visite d’une imprimerie menacée de fermeture dans l’Eure, l’occasion de fustiger en son rival le “président des usines qui ferment”. Puis un rapide passage dans sa maison natale rue des Carmes à Rouen.

Avant un meeting, le second de sa campagne. Devant plusieurs milliers de personnes, il a raillé “les incantations, les plus jamais ça” de son rival sur le chômage, l’industrie ou la finance. “Le redressement ne sera possible que si la finance est dominée. Elle n’a pas besoin de déposer sa candidature, elle ne sera pas invité au journal de TF1 ce soir” mais “elle domine sur le plan politique”, a ironisé M. Hollande.

Un nouveau couac est venu perturber mercredi le bel ordonnancement de l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. Après la menace de dégradation financière de la France brandie mardi par l’agence Moody’s, c’est le très à droite député UMP Christian Vanneste qui a suscité des remous avec des propos niant la déportation des homosexuels français. M. Copé a immédiatement annoncé que l’UMP allait examiner mercredi prochain la suspension de l’investiture de M. Vanneste pour les législatives de juin et son exclusion. “L’homophobie, je l’ai en horreur”, a déclaré mercredi soir M. Sarkozy sur TF1.

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