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Nicolas Sarkozy et Hillary Clinton prônent la fermeté contre l’Iran

Hillary Clinton a appelé vendredi la Chine à rejoindre les autres grandes puissances prêtes à sanctionner l’Iran en raison de son programme nucléaire, invitant Pékin à considérer ses intérêts “à long terme” dans la région du Golfe.

Les propos fermes de la secrétaire d’Etat américaine, prononcés dans l’enceinte de l’Ecole militaire à Paris, signalent l’impatience grandissante de l’administration Obama à l’égard d’un processus dans l’impasse depuis des mois.

“Maintenant que nous nous éloignons de la voie du dialogue, qui n’a pas produit les résultats que d’aucuns espéraient, et que nous faisons avancer la piste des pressions et des sanctions, la Chine va être sous très forte pression pour reconnaître l’impact déstabilisateur qu’un Iran doté de l’arme nucléaire aurait dans le Golfe, d’où elle reçoit une part importante de ses fournitures en pétrole”, a déclaré Mme Clinton.

La Chine, dont l’Iran est le troisième fournisseur en pétrole, fait partie du groupe des Six – Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie – chargé de négocier avec le régime de Téhéran, que les grandes puissances soupçonnent de vouloir se doter de l’arme nucléaire sous couvert d’un programme nucléaire civil.

Après le refus de l’Iran d’accepter l’enrichissement à l’étranger de son uranium, les Six travaillent à définir de nouvelles sanctions, qui seraient introduites dans une résolution devant le Conseil de sécurité de l’ONU.

La Chine, seule parmi eux, continue de privilégier la voie du dialogue. C’est ce que Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères, a encore répété jeudi à Mme Clinton, dans un entretien bilatéral en marge de la conférence de Londres sur l’Afghanistan.

La Chine mise en garde

Choisissant de s’adresser cette fois publiquement à Pékin, Mme Clinton a fait valoir vendredi qu’un Iran doté de l’arme nucléaire risquerait d’embraser la première région de production pétrolière du monde.

“Cela déclenchera une course aux armements”, a-t-elle affirmé. “D’autres pays vont juger nécessaire de développer leurs propres programmes d’armement nucléaire. Israël ressentira une menace sur son existence”. “Tout cela est incroyablement dangereux”, a insisté le chef de la diplomatie américaine.

“L’argument que nous-mêmes et d’autres présentons à la Chine”, a-t-elle poursuivi, “est celui-ci: nous comprenons que pour vous aujourd’hui, il apparaît contre-productif de sanctionner un pays dont vous tirez une telle part des ressources naturelles dont votre économie en croissance a besoin. Mais réfléchissez aux implications à plus long terme”.

Ces déclarations confirment que les Etats-Unis espèrent aller le plus vite possible, et profiter de la présidence du Conseil de sécurité par la France en février pour présenter une résolution aux Nations unies.

Hillary Clinton a évoqué le sujet vendredi matin avec le président français Nicolas Sarkozy, très favorable à un renforcement des sanctions à l’égard de l’Iran. Selon l’Elysée, Nicolas Sarkozy a insisté sur “la nécessité d’avancer” vers l’adoption d’une résolution ferme.

Les Six “travaillent sur les sanctions que nous présenterons au Conseil de sécurité. Nous sommes là-dessus pleinement satisfaits de la position de nos amis russes et nous travaillons aussi avec nos amis chinois pour que ceci puisse se réaliser”, a déclaré à la presse le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, après un entretien avec son homologue américaine.

 

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