Subscribe

Nicolas Sarkozy presse l’ONU d’imposer des sanctions à l’Iran

Le président français Nicolas Sarkozy a pressé ses partenaires d’imposer des sanctions sévères à l’Iran afin d’empêcher le régime de Téhéran de se doter de l’arme ultime. Un souhait qui pourrait être concrétisé mercredi par la nouvelle réunion des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie), centrée sur des mesures ciblées contre les Gardiens de la Révolution iraniens et des sanctions dans le domaine des armes, de l’énergie, de la navigation maritime et des finances.

Des sanctions doivent être prises contre l’Iran à l’ONU « en avril ou mai. Pas plus tard. La minute de vérité approche », a lancé M. Sarkozy mardi, lors d’une conférence de presse, à l’issue de ce sommet initié par le président américain Barack Obama.

Depuis son arrivée aux États-Unis lundi, M. Sarkozy a multiplié les mises en garde. « L’acquisition par l’Iran de l’arme nucléaire à des fins militaires, couplée aux déclarations multiples des dirigeants iraniens contre la démocratie d’Israël, c’est un danger et c’est inacceptable », avait-il prévenu lundi soir, dans une interview à la chaîne de télévision américaine CBS.

Le président français avait adopté une ligne dure vis-à-vis de Téhéran très tôt, notamment en 2009, quand Barack Obama, à peine élu, parlait de « tendre la main » aux ennemis de l’Amérique. En septembre 2009, il avait même regretté que cette démarche du président américain n’ait abouti à « rien ».

Au fil des mois, alors que l’échec du dialogue avec Téhéran devenait de plus en plus patent – découverte du site secret de Qom, rejet de la proposition de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) d’enrichir le combustible iranien en Russie et en France – Paris et Washington se sont retrouvés sur une ligne de sévérité.

À l’heure où Téhéran vient d’annoncer la mise en service, « dans les prochains mois », de nouvelles centrifugeuses, tant M. Sarkozy que M. Obama ont insisté sur l’urgence qu’il y avait à prendre des sanctions « sévères ».

« Chacun progresse vers l’idée que la situation actuelle ne peut pas continuer trop longtemps ». « La main tendue du président Obama », les « tentatives de médiation » du président brésilien Lula ou du Premier ministre turc n’ont « débouché sur rien d’autre qu’une perte de temps », a regretté M. Sarkozy.

Selon lui, « il y a une palette de sanctions qui sont possibles (…) Ce peut être des sanctions financières sur les comptes d’un certain nombre de dirigeants » ou ce peut être de « ne plus acheter de pétrole à l’Iran ».

« Nous essayons, avec Barack Obama, de voter une résolution au Conseil de sécurité » sur des « sanctions les plus fermes possibles. Si nous y arrivons, tant mieux, sinon, il faudra que les États-Unis, l’Europe et d’autres prenions nos responsabilités », a-t-il martelé.

Les émissaires des six puissances chargées du dossier nucléaire iranien doivent se retrouver mercredi à New York. Allemagne, Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie doivent se pencher sur un projet de résolution américain qui prévoit des mesures ciblées contre les Gardiens de la Révolution iraniens. D’autres sanctions couvriraient le domaine des armes, de l’énergie, de la navigation maritime et des finances, a indiqué un diplomate proche du dossier.

Le Conseil de sécurité a déjà adopté trois résolutions de sanction contre l’Iran pour le contraindre de suspendre ses activités nucléaires sensibles, notamment l’enrichissement de l’uranium. Téhéran les a toutes ignorées.

Les Six ont déjà évoqué le projet de résolution américain la semaine dernière au cours d’une réunion jugée « constructive » par le représentant de la Russie et « utile » par celle des États-Unis. Washington et ses alliés espèrent voir aboutir au cours des prochaines semaines une nouvelle résolution du Conseil de sécurité.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related