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Nicolas Sarkozy sort de sa réserve

Nicolas Sarkozy est sorti mardi de sa réserve pour critiquer la primaire socialiste, tandis qu’Arnaud Montebourg, troisième homme surprise du premier tour, maintenait le suspense sur son choix entre les deux finalistes de dimanche, François Hollande et Martine Aubry.

Au surlendemain d’une consultation synonyme de succès pour le PS, qui a recensé plus de 2,5 millions de votants, la campagne a redémarré dans l’effervescence mardi. Le chef de l’Etat s’est pour la première fois exprimé sur l’organisation de ce scrutin, pour suggérer qu’il était contraire à l’esprit de la Ve République. “La Ve République ne peut être l’otage des partis politiques et le candidat (à la présidentielle, ndlr) pris en otage par son parti, le général de Gaulle a voulu une élection à deux tours, pas à quatre tours”, a dit le chef de l’Etat devant des responsables de sa majorité, prenant ainsi le contre-pied de François Fillon. Mercredi dernier, le Premier ministre avait salué “un processus moderne qui convient à droite comme à gauche, pour toutes les grandes élections”.

Le premier secrétaire par intérim du PS, Harlem Désir, a vu dans cette réaction le signe “d’un immense désarroi” de M. Sarkozy, et la confirmation que “la droite est ébranlée par le succès du scrutin”. M. Hollande a dénoncé “une mauvaise interprétation” du président. A la veille du débat d’entre-deux tours organisé par France 2, François Hollande et Martine Aubry sont repartis en campagne. Le premier, qui a fait ses meilleurs scores dans les zones rurales dimanche, a choisi un marché populaire parisien du XVIIIe arrondissement. A l’inverse, la maire de Lille, qui a plutôt percé dans les zones urbaines s’est rendu dans la Creuse, le même jour que le chef de l’Etat, pour l’accuser d’être responsable “de la casse des services publics” en milieu rural.

Arnaud Montebourg, en position d’arbitre avec ses 17% au premier tour, a continué à faire monter les enchères sur son soutien à l’un ou l’autre. Alors que lundi, le député de Saône-et-Loire avait évoqué la possibilité de ne donner aucune consigne de vote, il a finalement assuré mardi qu’il ferait “certainement un choix” pour le 2e tour, même s’il continue à considérer Mme Aubry et M. Hollande comme “deux candidats issus de la même tradition politique social-démocrate” utilisant “des recettes gestionnaires du passé”. Il les a mis au défi de convaincre les Français ayant voté pour lui le 9 octobre. “Ce n’est pas moi qu’il faut convaincre, mais mes 400.000 électeurs”, leur a-t-il lancé.

M. Montebourg attend, pour se prononcer, le débat télévisé de mercredi et une prise de position des candidats sur ses propositions concernant “le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption”. Il doit présenter ses demandes dans une lettre ouverte. François Hollande, qui a bénéficié déjà du soutien de Manuel Valls, classé à l’aile droite du PS, et du président du PRG Jean-Michel Baylet, a a averti qu’il n’étais pas prêt à “faire une politique en zigzag en fonction des personnes que je voudrais convaincre”. Soulignant que “la démondialisation” ou la VIe République ne font pas partie de ses “concepts”, il s’est dit toutefois prêt à des mesures contre les délocalisations au gré “des coûts sociaux”, et favorable à des règles pour un “Etat insoupçonnable”.

Martine Aubry s’est elle aussi montré prudente, affirmant qu’elle ne “changerait pas”, tout en détaillant les points “essentiels” partagés avec M. Montebourg : “le problème des banques, l’Europe qui protège, la République nouvelle avec de nouvelles pratiques”.

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