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Nicolas Sarkozy surfe sur la vague sécuritaire

Les propositions sécuritaires de Nicolas Sarkozy sont approuvées par des députés UMP “impatients” de les concrétiser, affirme le numéro un du parti majoritaire Xavier Bertrand, mais des voix s’élèvent à droite pour dénoncer “une tactique électoraliste” du chef de l’Etat.

Plusieurs responsables de droite, comme Christine Boutin ou les députés Etienne Pinte, Marie-Anne Montchamp ou encore Yannick Favennec et Marc Bernier ont marqué leur scepticisme, voire leur opposition aux propositions présidentielles contre l’insécurité. “Mais ils ne traduisent pas la pensée de la grande majorité des députés UMP”, assure M. Bertrand à l’AFP. “Les sénateurs sont sur la même ligne”. Selon le secrétaire général de l’UMP, les députés, revenus dans leurs circonscriptions pour les vacances, “voient que le discours du président de la République est en phase avec ce que veulent les Français”. “J’en ai beaucoup au téléphone” qui font tous remonter “les mêmes messages positifs.

Le sondage est vérifié au niveau de la population”, assure-t-il, en allusion à une enquête de l’Ifop. Dans ce sondage, paru vendredi dans Le Figaro, les principales mesures gouvernementales sécuritaires apparaissent plébiscitées par les Français de tous bords, avec une approbation de 55% à 89%, notamment pour le retrait de nationalité pour les Français d’origine étrangère coupables de crimes. “Cela montre qu’il faudra voter les mesures à la rentrée. Les députés sont impatients de voter ces nouvelles dispositions”, soutient M. Bertrand, conscient toutefois que les Français attendent “des résultats supplémentaires”. “Il faut se donner des nouveaux outils” juridiques pour lutter contre l’insécurité, mais “derrière, il y a un enjeu de résultats”, relève-t-il. Les nouvelles mesures sécuritaires pourraient être adoptées lors de l’examen de la loi sur l’immigration d’Eric Besson, qui doit débuter le 27 septembre. “En tant que rapporteur de la loi, je présenterai un amendement visant à restaurer une loi abrogée en 1998 et qui n’avait pas été jugée anticonstitutionnelle”, indique Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse. Cette loi, abrogée par Elisabeth Guigou, alors garde des Sceaux, permettait la déchéance de la nationalité française pour les auteurs de crimes, Français depuis moins de dix ans et dont la condamnation est égale ou supérieure à cinq ans de prison ferme.

A l’instar de la plupart des élus de droite, M. Mariani se déclare également “totalement favorable à la fermeture des camps illégaux” de Roms ou de gens du voyage. Selon l’Ifop, cette mesure est approuvée par 79% des Français. “Avec le bon sens populaire, on se pose moins de question que les philosophes”, ajoute le député, référence à Bernard Henri-Lévy qui a vivement dénoncé, dans Le Monde, les propositions présidentielles. Outre à gauche où l’on tire à boulets rouges contre ces projets, des critiques, minoritaires mais incisives, s’élèvent à droite. “On est dans la tactique électoraliste”, déplore un membre de l’UMP, qui préfère l’anonymat, au regard de ses fonctions actuelles. Dans Marianne, l’ex-ministre Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, affilié à l’UMP, s’avoue “très choquée par les propos de Nicolas Sarkozy liant immigration et délinquance”. Au nom des villepinistes, Marie-Anne Montchamp avait fustigé “une dérive inquiétante”. Le député Etienne Pinte est “opposé” à la déchéance de la nationalité : “c’est absurde” et “ces annonces sont malheureusement le constat de nos échecs d’intégration”, dit-il.

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